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Actions santé au travail

Témoignages adhérents AST 74

Sommaire

GIE IRM74

Logo GIE IRM 74Evaluation des Risques-Psycho-Sociaux (RPS) : les clés pour une démarche réussie

Présentation

Madame FABRETTI est administratrice du Groupement d’Intérêt Economique GIE IRM 74, qui exploite des équipements d’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) d’établissements publics (hôpitaux) et de cabinets privés de radiologie du département de Haute-Savoie. Le GIE IRM74 a deux administrateurs, un représentant du collège public et un autre du collège privé. En tant que directrice adjointe du centre hospitalier Annecy Genevois Madame FABRETTI est mandatée par le collège public pour être administratrice de cette structure, elle est par ailleurs Directrice de la Qualité Gestion des risques à l’hôpital.

L’introduction d’un changement comme point de départ de l’évaluation des RPS

Quelle a été l’origine de la démarche d’évaluation des risques psycho-sociaux ?

Le point de départ a été à l’occasion de travaux d’augmentation du parc d’équipements exploités (IRM). En 2014 nous avons acheté deux équipements et renouvelé deux autres. Ces renouvellements et augmentation d’équipements ont généré des travaux de structure sur 2 sites, ce qui sur une petite structure est conséquent, avec des inquiétudes du personnel sur cette augmentation (taille de la structure, horaires,…). Au total la structure représente une quarantaine de salariés pour 70 radiologues qui interviennent.

Le document unique (DU) support de l’évaluation des risques psycho-sociaux (EVRPS)

A l’occasion de ces travaux j’ai proposé de mettre en place et d’animer une démarche d’évaluation des risques professionnels (DU), de la même manière qu’à l’hôpital, c’est-à-dire basée sur la participation du personnel. Le fait de programmer cette intervention dans la continuité du document unique a cet avantage qu’un certain nombre de règles sont déjà appliquées et les choses sont exprimées dans ce cadre-là.

Dans la continuité du travail sur le document d’évaluation des risques professionnels nous avons expérimenté, avec le médecin du travail et la psychologue d’AST74 ainsi qu’une psychologue interne à l’hôpital, une méthode d’évaluation des risques psychosociaux et toujours de façon participative.

Une action pluridisciplinaire et participative

J’insiste beaucoup sur la démarche participative qui est très positive en termes de perception par les acteurs car on ne parle pas pour eux. Ils s’expriment directement et du coup eux proposent des actions de réductions de risques, ils deviennent acteurs de leur sécurité et de leur qualité de vie au travail. Le processus de réflexion devient tout aussi important, dans un souci d’amélioration continue, que les résultats eux-mêmes.

Comment s’est construite cette démarche participative ?

Nous avons mis en place un comité de pilotage et constitué 3 groupes de travail avec un représentant de salarié par métier (manipulateurs radio, secrétaires médicales, gestion administrative/encadrement), chaque site était représenté dans un groupe. Il y a eu 2 réunions de travail par groupe.

Un dialogue social apaisé

Comment se sont mises en place les interventions avec les psychologues du travail, les groupes de représentants par métier, et vous-même ? Quel a été l’intérêt de l’intervention des psychologues dans cette démarche ?

Avec la Psychologue du travail d’AST74 et la Psychologue du travail de l’hôpital, nous avons innové pour tester ensemble un outil d’évaluation, a priori, des risques psychosociaux. Puisque souvent les entreprises sollicitent les psychologues du travail trop tard, sur des problématiques déjà dégradées où les marges de manœuvre sont plus faibles. Là, nous sommes partis sur une démarche volontariste, a priori, pour repérer les éléments de fragilité et être sûr de la prévention. C’est un peu l’originalité de la démarche.

Quelle va être la suite de cette évaluation ?

Nous en sommes à la phase de diagnostic et de propositions et on va entrer dans la phase de restitution. Les groupes de travail vont remettre leurs propositions au comité de pilotage. Une présentation de ces actions aux instances du GIE IRM 74 ainsi qu’une restitution complète à l’ensemble du personnel de la structure sera faite. Il y aura ensuite une évaluation régulière de l’atteinte des objectifs.

Une démarche d’amélioration continue portée par une volonté d’entreprise

Il faut dire que la structure est tout à fait partante et intéressée pour cette démarche qui s’inscrit comme pour le document unique sur une approche durable. Comme toutes les démarches qualité on continue d’évaluer les risques en fonction des mesures mises en œuvre. C’est un point de départ pas une finalité en soi.

Quel est votre bilan de cette action ?

Le vécu par le personnel de cette démarche est positif. Le fait qu’on se pose pour évoquer ensemble les situations de travail, repérer les éléments de fragilisation, et que l’on propose ensemble des actions de réduction de risque responsabilise l’ensemble des acteurs. Et ça change le regard, on le voit bien, quel que soit le risque, qu’il soit physique ou sur le registre des risques psycho-sociaux les gens ont un autre regard sur le fait qu’ils sont eux-mêmes, tous quelle que soit leur position, générateurs de risques. Ça donne cet éclairage-là. On n’est pas simplement à subir des éléments de système on est acteur du système et on peut également modifier les éléments. Chacun peut contribuer à cette réduction des risques. C’est une démarche qui est très intéressante à ce titre tant pour l’ensemble des risques professionnels que pour l’activité.

La façon de procéder a été importante. L’intérêt de cette démarche participative est que ce n’est pas une intervention ponctuelle avec des « dossiers qu’on met dans les placards ». Comme tout le monde est impliqué, il y a un avant et un après. Tout le monde partage cette approche, il s’agit toujours de mesures de bon sens. Lorsqu’on présente ces mesures, le personnel ne s’interroge pas puisqu’il a été à l’origine de ces propositions. Ça prend plus de temps en amont car il faut mobiliser les personnes, organiser etc., mais c’est autant de temps de gagné après, parce qu’on a une adhésion aux actions mises en œuvre puisqu’ils ont tous contribué à la proposition.

En conclusion quel message peut-on faire passer à l’ensemble des employeurs ? Y compris pour les petites entreprises ?

J’ai le sentiment non seulement qu’on n’a pas ouvert la boîte de pandore mais au contraire on a augmenté au niveau qualitatif d’échange. On passe de problématiques interpersonnelles à une approche systémique donc on est sur un niveau supérieur de réflexion.

C’est une démarche positive qui n’est pas liée aux difficultés, qui apporte des qualités de dialogue social et l’adhésion de l’ensemble des acteurs. L’ensemble de la structure en sort grandie.

Cette démarche d’EVRPS est bien associée au document unique. Elle n’est pas associée à des problèmes ou des difficultés mais à une démarche normale d’évaluation des risques dans toute entreprise ou institution.

On peut parler d’une gestion positive et participative du risque. A la fois d’une évaluation des risques a priori et une démarche positive de prévention. Cette démarche participative incite à poursuivre la démarche contrairement à une intervention ponctuelle qui risque de rester en l’état.

Mécalac

Logo Mecalac

Mme CONTAT, Directrice des Ressources Humaines, et M. LE BOURHIS, Responsable Qualité Sécurité Environnement, présentent lors de l'Assemblée Générale d'Annecy Santé au Travail,  l’intervention des actions pluridisciplinaires d’ANNECY SANTE AU TRAVAIL chez MECALAC et détaillent la démarche de prévention du risque - (mai 2013)

Le Groupe MECALAC S.A. propose une large gamme de matériels de construction compacts et innovants pour les chantiers urbains, les travaux ferroviaires et de services. Sur son site d’Annecy le Vieux MECALAC est équipée d’une cabine de peinture, d’une chaine de montage, d’un atelier prototype et utilise beaucoup de produits chimiques. L’entreprise emploie 162 salariés.

—Présentation par Madame CONTAT de l’action pluridisciplinaire

Nous avons sollicité le Docteur KLEINE, médecin du travail, pour débuter une étude sur la pénibilité. Partant du postulat qu’aucun des sujets traités dans le cadre de la pénibilité (manutention, agents chimiques dangereux, postures pénibles, vibrations…) n’avaient jamais vraiment fait l’objet d’étude au sein de MECALAC, nous avions tout à construire. Un groupe de travail a été créé en juin 2012 et un calendrier de travail établi. Le groupe de travail a commencé par définir les seuils de pénibilité. Une fois ces seuils définis, nous nous sommes très vite heurtés au problème de leur mesure.

La médecine du travail avec son équipe pluridisciplinaire nous a vraiment beaucoup aidés dans cette démarche en mettant à notre disposition toutes ses compétences : toxicologue, technicien hygiène et sécurité, ergonome, infirmière en santé au travail. L’intervention de personnes extérieures à l’entreprise a été profitable à tous, les salariés en ont retiré un bénéfice supplémentaire. Cette équipe pluridisciplinaire coordonnée par le Dr. KLEINE est intervenue à différents stades dans l’entreprise :

  • Nous avons d’abord eu l’intervention de Christophe DUBOIS, intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) en hygiène, sécurité et environnement, qui a réalisé l’évaluation du risque bruit et du risque vibrations.
  • Isabelle CUVELIER, ergonome (IPRP), a engagé une étude ergonomique dans un des secteurs de l’entreprise. Celle-ci va se poursuivre par la mise en place d’une démarche de prévention des TMS.
  • Des actions de sensibilisation au bruit et au port des équipements de protection individuelle (EPI) ont été réalisées par Chantal ONDET, infirmière en santé au travail, auprès du personnel.
  • Amaury BECUE, toxicologue, a apporté ses compétences sur l’évaluation du risque chimique et sur notre problématique de gaz d’échappement.

—Présentation par Monsieur LE BOURHIS de la démarche de maitrise du risque chimique

Alain LE BOURHIS revient plus en détail sur la démarche de maitrise du risque chimique. Cette démarche a permis de revoir les procédures d’introduction des produits chimiques dans l’usine.

Inventaire, prélèvement, évaluation des produits chimiques

Dans un premier temps le toxicologue d’Annecy Santé au Travail nous a expliqué la démarche d’inventaire des produits chimiques. C’est une action longue et méticuleuse car il faut aller dans toutes les armoires, dans tous les recoins pour rechercher tous les produits que nous utilisons. Une fois cette liste établie il faut rechercher pour chaque produit les Fiches de Données de Sécurité. Les FDS sont obtenues soit par les fournisseurs soit par les sites internet notamment un site spécialisé de distribution réglementaire des FDS aux clients.

Cet inventaire est ensuite recensé sur le logiciel CLARICE élaboré sur Excel. Le recueil de ces informations (nom du produit, utilisation, quantités de produits…) permet avec le logiciel CLARICE d’obtenir une hiérarchisation des produits chimiques en fonction des dangers. Plus un produit est utilisé plus le produit va monter en hiérarchie au niveau des priorités. Le résultat de cette évaluation nous a fait prendre conscience que nous utilisions trois types de produits cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR) : un nettoyant de peinture, des peintures spéciales et la présence des gaz d’échappement car nos machines circulent dans l’usine, les gaz d’échappement sont maintenant considérés comme cancérogènes.

Suppression des aérosols, introduction de produits substitutifs, sensibilisation des salariés de différents services, prévention collective et individuelle.

Pour ces 3 familles de produits CMR nous avons mis en place des actions. C’est ainsi que le produit nettoyant a été remplacé. Une évaluation des peintures non CMR est en cours afin de supprimer les peintures CMR. Nous avons fait avec Amaury BECUE des mesures de concentration de gaz d’échappement dans l’usine. Pour cela nous avons équipé un certain nombre d’opérateurs de systèmes de captation des fumées et poussières. Nous nous sommes rendu compte que nous étions en-deçà du niveau de limite.

Nous avons mis en place une procédure d’introduction des produits chimiques dans l’entreprise et nous avons mené auprès de notre personnel des actions de sensibilisation conçues et réalisées par Amaury BECUE. Nous avons sensibilisé environ 80 personnes dans l’usine, soit la moitié du personnel concerné par ces risques.

Dans un premier temps nous avons sensibilisé les différents « acheteurs » des services « achats », « méthodes » et de la « production », afin qu’ils suivent et respectent la procédure d’introduction des produits chimiques et évitent de réintroduire des produits qui seraient hors de notre maitrise. Cette sensibilisation des acheteurs a concerné environ une dizaine de personnes.

Une seconde étape a consisté à sensibiliser les peintres qui sont les plus exposés aux produits CMR. Pour cette sensibilisation, Amaury BECUE est venu avec une infirmière en santé au travail leur présenter les consignes liées à l’hygiène des mains, les principes de précautions élémentaires et des crèmes de protection des mains, que nous évaluons actuellement.

Puis une cinquantaine de monteurs sur chaine de montage, utilisant des produits de peinture de type vernis, ont été sensibilisés aux risques qu’ils peuvent avoir.

Par ailleurs, le service production et le CHSCT ont décidé de supprimer une grande partie des produits aérosols, plus dangereux que les produits liquides.

Nous allons aussi travailler sur des systèmes d’aspiration des postes de travail pour éviter la diffusion de solvants dans l’usine et revoir les spécifications des équipements de protection individuelle utilisés en peinture afin de les adapter parfaitement.

Suite à ces travaux nous avons également en projet de faire des actions sur un atelier de soudure.

—Conclusion et remerciements Mme CONTAT

Nous avons fait un gros travail tout en partant « de pas grand-chose », ce travail n’est pas encore terminé. Nous remercions vivement le médecin du travail mais aussi l’équipe pluridisciplinaire qui s’est investie chez MECALAC à nos côtés, sans esprit partisan, avec beaucoup de professionnalisme, de pragmatisme et d’objectivité. Lorsqu’on introduit la médecine du travail avec toutes ses équipes, on prend peur parce qu’on se dit « qu’est-ce qu’ils vont nous imaginer », « comment les gens vont réagir », « qu’est-ce qu’ils vont trouver » ? Je vous conseille de recourir à leurs services pour l’aide qu’ils apportent, avec beaucoup de professionnalisme, de disponibilité et de compétences sans dramatiser les choses. Un grand merci à eux.

CMR : cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction
EPI : équipements de protection individuelle
FDS : fiches de données de sécurité
IPRP : intervenant en prévention des risques professionnels
TMS : troubles musculo-squelettiques

Centre de formation et d'apprrentissage coiffure du Lycée Gabriel Fauré

Logo CFA COIFFURE GABRIEL FAUREDans le cadre de sa mission de prévention, Annecy Santé au Travail réalise auprès des jeunes apprentis (boulangers, fleuristes, coiffeurs…) un partenariat avec les Centres de Formation d’Apprentis (CFA). Estelle LAUTROU professeur en Prévention Santé Environnement (PSE) au CFA coiffure Gabriel Fauré, présente ce partenariat.

Comment a commencé le partenariat entre le CFA coiffure Gabriel Fauré et Annecy Santé au Travail ?

« A l’origine en 2011 le médecin du travail a sollicité le Président de notre CFA sur un partenariat avec Annecy Santé au Travail pour mener des actions de prévention auprès des apprentis sur les principaux risques professionnels dans les salons de coiffure. Ces actions étaient tout à fait cohérentes avec nos programmes puisque les risques du métier sont abordés dans nos cours de Prévention Santé Environnement (PSE) et de biologie.
Pour la mise en place de ces interventions, nous avons travaillé avec l’infirmière en santé au travail.
En terme d’impact et de prise de conscience pour les jeunes, nous avons trouvé intéressant ce partenariat où les questions de santé, de prévention et des risques du métier, sont abordées par du personnel médical. Pour apprendre au plus tôt la prévention aux apprentis et leur inculquer cet état d’esprit, je pense que l’intervention de l’infirmière est plus convaincante et beaucoup plus réaliste pour eux que lorsque l’information est donnée par un professeur ! ».

En quoi consiste l’action ?

« L’infirmière intervient auprès des Brevets professionnels mais surtout auprès des CAP pendant 1h45. Son intervention est programmée idéalement en fin de première année d’apprentissage, c’est souvent à ce moment-là qu’apparaissent les premiers symptômes chez les apprentis.
L’infirmière leur présente un diaporama de tous les risques auxquels ils sont exposés dans leur profession. Les principaux sont les allergies et dermatoses, les troubles musculo-squelettiques (TMS), l’organisation du travail, les conduites à adopter en cas de risque infectieux et quels produits désinfectants il est conseillé d’adopter.
Les apprentis sont déjà un peu sensibilisés à ces risques puisque nous en parlons dans nos cours. Elle leur délivre en plus des conseils pratiques de prévention individuelle, des solutions aux situations de travail, des conseils de bonnes postures. Elle aborde également le «risque psychologique» afin de faire face aux « confidences» parfois difficiles à gérer que les clients peuvent leur faire.
Ces moments d’échanges sont très importants pour les élèves, d’autant qu’au cours de leur apprentissage certains d’entre eux ont déjà pu constater les effets de ces risques sur leur santé, notamment allergies et dermatoses. Ce n’est pas toujours évident pour nous de les conseiller et la venue d’une infirmière permet de répondre à certaines questions de santé. C’est avec le temps que les apprentis prennent conscience des risques de leur métier et nous voyons l’évolution de l’état d’esprit entre les élèves de 1ère année de CAP et les élèves de 2ème année des Brevets Professionnels. Avec les élèves des Brevets Professionnels l’intervention de l’infirmière est d’ailleurs beaucoup plus axée sur des échanges ».

Quels sont les apports de ces interventions pour le CFA ?

« L’intérêt pour nous est surtout la présence d’une personne extérieure et du domaine médical qui vient renforcer nos propos et nous rendre plus crédible auprès des jeunes apprentis.
Elles ont permis de revoir avec le fournisseur, le matériel que l’on fait commander à nos jeunes afin qu’il soit plus ergonomique.
La prévention fait partie de leur programme scolaire et nous l’abordons régulièrement en cours, il y a d’ailleurs systématiquement des questions à ce sujet lors de l’examen. Mais cette sensibilisation par l’infirmière en Santé au Travail est vraiment pour eux le déclencheur d’une prise de conscience des risques. Pour nous il est important que les apprentis soient vigilants le plus tôt possible aux consignes. Après ce premier contact les comportements évoluent, lorsqu’on leur dit en début d’année qu’ils doivent mettre des gants ou porter un masque lors des préparations, cela n’est pas pris très au sérieux et les fait rire. Ils prennent ainsi conscience que la prévention est importante pour tous, professeur, employeur, apprentis et que le Service de Santé au Travail s’en préoccupe et continue de les suivre au cours de leur vie professionnelle».

Château de Bon Attrait

Logo Château de Bon AttraitTémoignage de Mr LEMOINE, Directeur des ressources humaines au Château de Bon Attrait, à Villaz (Haute-Savoie 74) - (avril 2012)

Le Château de Bon Attrait est un établissement de soins de suite et de réadaptation, employant 145 salariés.

Quelle a été l'intervention d'Annecy Santé au Travail dans votre établissement ?

Il s'agissait d'une étude ergonomique au sein de notre service pharmacie.

Quelle est l'origine de cette intervention ?

Les préparatrices en pharmacie de notre établissement n'étaient pas tout à fait satisfaites de leurs conditions de travail. Les insatisfactions étaient principalement liées à la charge de travail, à l'organisation des espaces de travail et à l’ambiance lumineuse. Cela engendrait de la fatigue et une certaine démotivation. Ces problèmes ont été mentionnés dans des questionnaires internes d'évaluation de la satisfaction des salariés et ils ont été également évoqués en CHSCT (Comité d'Hygiène et de Sécurité des Conditions de Travail) en présence de notre médecin du travail. Ce dernier a proposé l'intervention d'un ergonome* du Service d'Annecy Santé au Travail pour identifier les problèmes et envisager des solutions. 

Comment s'est déroulée l'intervention ?

L'ergonome et le médecin du travail sont venus rencontrer les membres du CHSCT et les préparatrices afin d'avoir une première approche de la problématique et de la situation générale de travail. Puis l'ergonome est revenue observer le travail des trois préparatrices durant 2 journées. Le rapport d'intervention nous a ensuite été présenté. Les photos des postes de travail, accompagnées d'illustrations et d'explications théoriques, montrent ce qui n'est pas satisfaisant et ça saute aux yeux ! Après avoir expliqué ce qui ne va pas, l'ergonome nous a proposé des améliorations, notamment des modifications de l'organisation de travail et des changements au niveau des postes de travail. Ses conseils ont été très précieux. 

Et quelles ont été les suites de cette intervention ?

Nous avons mis en place la plupart des recommandations préconisées. Cela a pris un peu de temps car il s'agissait notamment d'un réaménagement assez important des locaux. Un menuisier est intervenu pour créer le poste de travail sur-mesure. Il se trouve que l'intervention de l'ergonome a coïncidé avec l'arrivée de notre nouvelle pharmacienne responsable qui elle-même avait constaté des dysfonctionnements et des améliorations possibles dans les locaux et l'organisation des postes. Ca a été moteur également. Au final, les conditions de travail des préparatrices ont été nettement améliorées.

Est-ce que la réalisation de ces améliorations vous a posé des difficultés ?

C'était un investissement tout à fait supportable en termes financiers et, surtout, au final ça valait vraiment le coup. Mais c'est vrai qu'on peut avoir quelques réticences au départ car qui dit étude ergonomique dit propositions pour améliorer les conditions de travail des salariés et on craint que ce ne soit pas toujours réalisable au bout du compte. Or si ce n'est pas fait, il y a insatisfaction de tout le monde. C'est difficile de faire machine arrière quand on s'engage dans cette voie-là. Cela suppose donc que l'entreprise soit disposée à mettre en place ou à modifier des choses, voire même à réaliser certains investissements financiers pour apporter les améliorations que propose l'ergonome. C'est une contrainte pour beaucoup de chefs d'entreprise, et c'est important de l'avoir à l'esprit au départ.

Que vous a apporté cette intervention ?

D'abord un regard et une expérience d'un professionnel de l'aménagement des postes de travail. Quand on n'est pas expert en la matière, on n'a pas cette vue-là. C'était donc tout à fait appréciable d'avoir son expertise.

Il y a eu des apports positifs pour l'établissement puisque nos collaborateurs travaillent à présent dans de meilleures conditions. Les préparatrices sont tout à fait satisfaites des changements, et leur productivité a été améliorée. Cela a contribué à éviter l'apparition de problèmes de santé, notamment de troubles musculo-squelettiques.

Et puis à présent nous connaissons mieux les possibilités d'intervention d'Annecy Santé au Travail, et nous sommes partants pour d'autres collaborations. Nous avons déjà bénéficié de sensibilisations aux accidents d'exposition au sang et de l'aide à la rédaction du Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels, et nous sommes très satisfaits de ces interventions.

 * Un ergonome contribue, par l’étude de l’Homme au travail, à l’adaptation du travail aux personnes dans le but de limiter les atteintes à la santé tout en permettant une production adéquate 

Sarl Gabriel Mauvais

Logo Sarl Gabriel MauvaisTémoignage de Mr GUYOT, gérant de la SARL Gabriel Mauvais, à Villaz (Haute-Savoie 74) - (septembre 2011)

La SARL Gabriel Mauvais est une TPE de 5 personnes spécialisée dans le développement et la fabrication de micro forets pour les industries de précision (horlogerie, connectique, médical, aéronautique, décolletage…).

Quelle est l'origine de l'intervention d'Annecy Santé au Travail dans votre entreprise?

Je venais de reprendre la société. Le médecin d'Annecy Santé au Travail m'a contacté en m'expliquant que le service travaillait sur les expositions professionnelles au cobalt et au carbure de tungstène lors des opérations d'affutage des métaux. C'était le cas pour mon entreprise, et il voulait avoir mon accord pour faire des analyses. J'ai bien sûr accepté, dès lors que ça concerne la santé des employés c'est important.

Comment s'est déroulée l'intervention ?

Le médecin et le toxicologue d'Annecy Santé au Travail sont venus. Je leur ai présenté l'entreprise, les postes, et nous avons identifié ensemble où étaient les zones à risques concernant la respiration des poussières de carbure de tungstène et de cobalt. [Nous en avons repéré deux : la zone d'affutage et la zone de taillage de meule. Les opérations se déroulent à sec (sans huile), sans aspiration ni capotage, ce qui peut favoriser l'émission de poussières "volantes". Nous avons convenu de réaliser des prélèvements atmosphériques. Les salariés ont été informés et associés à ce travail dès le début. Le toxicologue a fixé une pompe de prélèvement d'air sur leur tablier pour simuler ce qu'ils respirent sur une journée-type de travail. Il est ensuite revenu avec le médecin du travail restituer les résultats des analyses.

Et quelles ont été les suites de cette intervention ?

Au final, l'exposition par voie respiratoire aux poussières est en-dessous des valeurs limites acceptables, ce qui était une bonne surprise. Nous avons donc convenu qu'il n'y avait pas d'actions correctrices immédiates à réaliser. Cela dit nous sommes tout de même en train de réfléchir à l'aménagement du poste de façon plus large.

En parallèle, le médecin a exploré l'exposition par voie digestive (ingestion de poussières) à partir d'analyses urinaires sur les salariés, et elle n'était pas négligeable. Elle est surtout liée à des problèmes d'hygiène au poste de travail (éviter de manger, de boire son café, de mettre les mains à sa bouche…). Le médecin du travail et le toxicologue sont venus faire une information aux salariés sur les risques et les voies de pénétration de ces poussières, et surtout sur les moyens de se protéger.

Qu'est-ce que vous a apportée cette intervention ?

D'abord, du positif au niveau de l'ambiance de travail et de la relation employeur/employés. C'est une forme de relation privilégiée, de confiance, notamment parce que l'employeur se préoccupe de la santé de ses salariés.

Et puis, nous avons été rassurés par nos résultats. Parce que ce n'est pas toujours évident quand le médecin vous dit qu'il y a un risque possible et qu'il faut aller vérifier. Nous pouvons limiter ce risque à présent.

Enfin, j'ai découvert les actions possibles d'Annecy Santé au Travail, que j'ignorais auparavant. Si un jour j'ai un problème sur un sujet de santé au travail, je ferai appel aux compétences du service sans hésitation.

Prodene Klint

56 salariés - Et ANNECY SANTE AU TRAVAIL témoignent sur leur démarche de prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS).

 

Fromagerie Chabert

42 salariés et ANNECY SANTE AU TRAVAIL témoignent  sur leur démarche de prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS).

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Dernière mise à jour : décembre 2016
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