Les maladies liées aux gestes répétitifs
Sources : www.inrs.fr ; www.info-tms.fr
Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des pathologies multifactorielles à composante professionnelle. Ils regroupent une quinzaine de maladies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs des membres et de la colonne vertébrale. Les TMS s'expriment par de la douleur mais aussi, pour ceux du membre supérieur, par de la raideur, de la maladresse ou une perte de force.
En France, les TMS des membres supérieurs sont reconnus au titre des tableaux 57 et 69 des maladies professionnelles (MP) du régime général et au titre du tableau 39 du régime agricole.
Les régions corporelles concernées par les TMS sont principalement le cou, les épaules (exemple : tendinopathie de la coiffe des rotateurs), le coude (exemple : épicondylite), les extrémités des membres supérieurs (exemple : syndrome du canal carpien pour le poignet) et le dos.
Tous les secteurs d’activité sont touchés.
Ce risque qui n'est ni physique, ni chimique ou biologique n'est pas vraiment nouveau puisqu'il était déjà présent au 19ème siècle. Son émergence actuelle s'explique notamment par des changements dans l'organisation du travail. Le juste à temps, le flux tendu ou stock zéro imposent un niveau de charge de travail relativement constant. Beaucoup de tâches imposent également des gestes fins, précis et répétés.
Les TMS constituent actuellement les pathologies professionnelles de loin les plus répandues dans les pays industrialisés.
Les sollicitations qui sont à l'origine des TMS sont biomécaniques, organisationnelles et psychosociales. Certaines de ces sollicitations peuvent exister dans des activités extra professionnelles.
La probabilité d’être atteint d’un TMS varie en fonction du nombre de facteurs de risque et/ou de leur intensité.
Source : "Trousse de préventon des TMS" Conseil de la santé et de la sécurité au travail de l'Ontario
Les facteurs de risques peuvent se répartir en deux grandes familles :
Les facteurs individuels sont liés aux caractéristiques intrinsèques des individus (le sexe, l’âge, les antécédents médicaux…).
Il existe une « susceptibilité individuelle » qui fait que pour un même geste effectué, certaines personnes auront une tendinite d’autres pas.
La répétitivité est définie par
Source INRS : « méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples » TC78
Les activités nécessitant un effort ne se résument pas à la manutention d’objets lourds. Il peut avoir un exercice de force dans d’autres conditions : Par exemple :
Pour évaluer la force nécessaire à une activité, il faut prendre en compte les facteurs suivants :
Source : CSST ; Démarche pour la prévention des LATR : volet intervenants, section 6 et 7, 1997
Source INRS : "Méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples" TC78
Les postures de référence et à risque sont les suivantes :
Source : INRS
Les antépulsions (bras en avant) et rétropulsions (bras en arrière) des épaules :
Les abductions et adductions (écartement des bras par rapport au corps) des épaules :
Les flexions (latérales ou non) et les rotations du cou :
Les flexions, extensions du coude et les pronations, supinations des avants bras (rotation des avants-bras) sont également des mouvements sollicitants :

Les flexions et extensions du poignet et les déviations des poignets sont des mouvements sollicitants :
Les flexions, extensions et torsions du dos :
Le travail en position maintenue
D'autres facteurs tels que le port de gants, l'expostion aux vibrations et au froid augmentent la probabilté de survenue des TMS.
Les facteurs de risque qui relèvent de l’organisation du travail ont un effet complexe sur le risque TMS. L’organisation du travail détermine en bonne partie l’intensité des autres facteurs de risque (posture, efforts, répétition). Elle peut aussi agir sur l’état psychologique des salariés en générant plus ou moins de stress.
Les principales caractéristiques de l’organisation du travail pouvant avoir un impact sur le risque TMS sont :
Parmi les facteurs à l’origine du stress professionnel figurent les facteurs psychosociaux qui correspondent à la perception que le travailleur a de son milieu de travail.
Les facteurs psychosociaux sont partiellement déterminés par des facteurs organisationnels et par l’environnement social (soutien social, avenir professionnel…).
→ Il est important de préciser que c’est la conjugaison de plusieurs facteurs de risques qui peut causer un TMS.
Pour pouvoir réduire le risque d’apparition de TMS, il est indispensable d’identifier les liens entre l’ensemble des facteurs de risques (efforts, répétitivité, stress,…) et leurs déterminants ou causes (conception des équipements, pannes fréquentes, conception des outils, organisation du travail…).
La mise en évidence des facteurs de risques et des déterminants correspondant permet ensuite d’identifier des pistes de prévention.
Une fois apparu, le traitement d’un TMS peut comprendre de la kinésithérapie et un traitement anti inflammatoire local (pommade, infiltration) et de la chirurgie qui enlèvera la compression du nerf. Dans tous les cas, le traitement s’associe au repos du tendon ou du nerf meurtri.
Ensuite, pour éviter l’apparition d’une pathologie de type TMS ou éviter la récidive ou l’évolution d’un TMS vers un phénomène chronique, il faut agir sur les facteurs de risques en suivant une démarche de prévention spécifique.
Cette démarche pourra aboutir à une transformation des situations de travail en agissant sur :
N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail
Date de mise à jour : mai 2009
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