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Troubles musculo-squelettiques (TMS) -pathologie-

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Dossier réalisé par : Groupe ergonomique Annecy Santé Travail

Les maladies liées aux gestes répétitifs

Sommaire

1 - Définition

Sources : www.inrs.fr ; www.info-tms.fr  

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des pathologies multifactorielles à composante professionnelle. Ils regroupent une quinzaine de maladies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs des membres et de la colonne vertébrale. Les TMS s'expriment par de la douleur mais aussi, pour ceux du membre supérieur, par de la raideur, de la maladresse ou une perte de force.

En France, les TMS des membres supérieurs sont reconnus au titre des tableaux 57 et 69 des maladies professionnelles (MP) du régime général et au titre du tableau 39 du régime agricole.

Les régions corporelles concernées par les TMS sont principalement le cou, les épaules (exemple : tendinopathie de la coiffe des rotateurs), le coude (exemple : épicondylite), les extrémités des membres supérieurs (exemple : syndrome du canal carpien pour le poignet) et le dos.

Tous les secteurs d’activité sont touchés.

Ce risque qui n'est ni physique, ni chimique ou biologique n'est pas vraiment nouveau puisqu'il était déjà présent au 19ème siècle. Son émergence actuelle s'explique notamment par des changements dans l'organisation du travail. Le juste à temps, le flux tendu ou stock zéro imposent un niveau de charge de travail relativement constant. Beaucoup de tâches imposent également des gestes fins, précis et répétés.

Les TMS constituent actuellement les pathologies professionnelles de loin les plus répandues dans les pays industrialisés.

Quelques chiffres
  • En 2002, les TMS représentaient, en France 62 % de l'ensemble des maladies professionnelles recensées par la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) avec 21126 pathologies indemnisées au titre du tableau 57.
  • En 2006, en France:
    • 32 500 TMS ont été indemnisé
    • 7 millions de journées de travail perdue
    • 710 millions d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises
    • 70% de l’ensemble des maladies professionnelles reconnues.

2 - Circonstances de survenue

Les sollicitations qui sont à l'origine des TMS sont biomécaniques, organisationnelles et psychosociales. Certaines de ces sollicitations peuvent exister dans des activités extra professionnelles.

La probabilité d’être atteint d’un TMS varie en fonction du nombre de facteurs de risque et/ou de leur intensité.

 

 

 

 

Source : "Trousse de préventon des TMS" Conseil de la santé et de la sécurité au travail de l'Ontario

Les facteurs de risques peuvent se répartir en deux grandes familles :

Facteurs individuels

Les facteurs individuels sont liés aux caractéristiques intrinsèques des individus (le sexe, l’âge, les antécédents médicaux…).

Il existe une « susceptibilité individuelle » qui fait que pour un même geste effectué, certaines personnes auront une tendinite d’autres pas.

Facteurs environnementaux

Facteurs biomécaniques

la forte répétitivité des gestes

La répétitivité est définie par

  • un nombre de mouvements par minute d’une articulation (5 gestes/min = Risque – 10 gestes/min = Danger: ed 776 de l’INRS
  • ou le nombre de fois où la main touche un élément de travail
  • ou par la durée du cycle de travail. (seuil: 30 secondes ed 957 INRS).
Exemple : échelle utilisée par OREGE (outil de dépistage des facteurs biomécaniques)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source INRS  : « méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples » TC78

Les efforts excessifs

Les activités nécessitant un effort ne se résument pas à la manutention d’objets lourds. Il peut avoir un exercice de force dans d’autres conditions : Par exemple :

  • travail avec un outil (presion mécanique par le contact direct entre la paume de la main et un objet dur)
  • assemblage de pièces.

 Pour évaluer la force nécessaire à une activité, il faut prendre en compte les facteurs suivants :

  • l’intensité de la force : Elle peut être estimée par le poids de la charge.
  • le groupe musculaire : Il est plus facile d’appliquer une force en utilisant des masses musculaires importantes (exemple les muscles des membres inférieurs). Par contre si la force doit être générée par de plus petites masses musculaires, l’effort requis sera plus important.
  • la direction de l’effort : Un même groupe de muscles peut produire une force différente selon la direction de l’effort. Un développement optimal de la force n’est possible qu’en direction du corps.
  • la prise : On distingue deux grands types de prise : la prise en force et la prise en pincement. La prise en force est une prise enveloppante qui implique l’ensemble des doigts ; c’est la prise la plus puissante, la plus appropriée à l’exercice d’une force.
  • la posture : La posture adoptée lorsqu’on doit générer une force conditionne également l’effort à exercer. (Posture adoptée au départ et pendant l’effort)

 Prises en pince / Prises en force

 

 

 

 

 

 

 

Source : CSST ; Démarche pour la prévention des LATR : volet intervenants, section 6 et 7, 1997

Exemple : Echelle utilisée par OREGE (outil de dépistage des facteurs biomécaniques)

 Echelle d'évaluation pour la force

Source INRS : "Méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples" TC78

  
  
  
  
  
Les zones articulaires extrèmes

Les postures de référence et à risque sont les suivantes :
Source : INRS

 Source : INRS

Les antépulsions (bras en avant) et rétropulsions (bras en arrière) des épaules :

 

 

 

 

 

 

Les abductions et adductions (écartement des bras par rapport au corps) des épaules :

 

 

 

 

 

 

Les flexions (latérales ou non) et les rotations du cou :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le cou (plan transversal)

Les flexions, extensions du coude et les pronations, supinations des avants bras (rotation des avants-bras) sont également des mouvements sollicitants :

 Le coude Coude : pronation supinations

Les flexions et extensions du poignet et les déviations des poignets sont des mouvements sollicitants :

 Les flexions et extensions du poignet

 Déviation radiale, déviation cubitale

Les flexions, extensions et torsions du dos :

 

 

 

 

 

 

Le travail en position maintenue

D'autres facteurs tels que le port de gants, l'expostion aux vibrations et au froid augmentent la probabilté de survenue des TMS.

Facteurs organisationnels

Les facteurs de risque qui relèvent de l’organisation du travail ont un effet complexe sur le risque TMS. L’organisation du travail détermine en bonne partie l’intensité des autres facteurs de risque (posture, efforts, répétition). Elle peut aussi agir sur l’état psychologique des salariés en générant plus ou moins de stress.
Les principales caractéristiques de l’organisation du travail pouvant avoir un impact sur le risque TMS sont :

  • la charge mentale et la cadence
  • les horaires de travail et les pauses
  • les changements technologiques
  • la polyvalence

Facteurs psychosociaux

Parmi les facteurs à l’origine du stress professionnel figurent les facteurs psychosociaux qui correspondent à la perception que le travailleur a de son milieu de travail.
Les facteurs psychosociaux sont partiellement déterminés par des facteurs organisationnels et par l’environnement social (soutien social, avenir professionnel…).
→ Il est important de préciser que c’est la conjugaison de plusieurs facteurs de risques qui peut causer un TMS. 
Pour pouvoir réduire le risque d’apparition de TMS, il est indispensable d’identifier les liens entre l’ensemble des facteurs de risques (efforts, répétitivité, stress,…) et leurs déterminants ou causes (conception des équipements, pannes fréquentes, conception des outils, organisation du travail…).

Origine des TMS : les facteurs de risques et leur déterminants

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La mise en évidence des facteurs de risques et des déterminants correspondant permet ensuite d’identifier des pistes de prévention.

3 - Prévention

Une fois apparu, le traitement d’un TMS peut comprendre de la kinésithérapie et un traitement anti inflammatoire local (pommade, infiltration) et de la chirurgie qui enlèvera la compression du nerf. Dans tous les cas, le traitement s’associe au repos du tendon ou du nerf meurtri.

Ensuite, pour éviter l’apparition d’une pathologie de type TMS ou éviter la récidive ou l’évolution d’un TMS vers un phénomène chronique, il faut agir sur les facteurs de risques en suivant une démarche de prévention spécifique.

Cette démarche pourra aboutir à une transformation des situations de travail en agissant sur :

  • la conception des outils, des produits,
  • le poste et l’espace de travail
  • l’organisation du travail
  • la formation et l’information des salariés…

Pour en savoir plus

N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail

Date de mise à jour :  mai 2009

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