La plupart des activités professionnelles nécessitent de bien voir ce que l'on fait, que l'éclairage soit naturel ou artificiel, mais que faut-il pour bien voir au travail ?
Des conditions défavorables de vision entraînent une fatigue inutile, une perte de concentration, une perturbation de l'humeur à long terme, la multiplication des erreurs, un travail de moindre qualité. On estime qu'elles sont en cause dans près de 10% des accidents du travail.
Les entreprises comme les salariés eux-mêmes sous-estiment très souvent l'importance des conditions d'éclairage et leurs conséquences sur les personnes, la qualité de leur travail, les risques encourus.
Les étudiants et les apprentis devraient être sensibilisés dès leur formation à ces aspects de leurs futures activités.
L'œil a des capacités de perception très élevées. Il comprend :
La rétine fonctionne par des transformations chimiques dans les cellules sensibles selon les variations de la lumière reçue. Des temps d'adaptation et de récupération, certes très courts, sont indispensables.
Un excès d'intensité lumineuse entraîne une saturation avec un temps augmenté de récupération (au pire éblouissement, trou noir).
Une sollicitation longue des yeux, sans pause, des variations fréquentes de l'intensité et des contrastes entraînent également une saturation ressentie comme une fatigue visuelle.
Dans des circonstances extrêmes un excès de lumière peut entraîner une lésion définitive de la rétine (coup d'arc,…).
Les muscles des yeux sont en permanence en action pour régler la mise au point, le diaphragme (diamètre de la pupille), pour suivre les mouvements en distance et lors de déplacements des objets ou du salarié. Comme tous les muscles ils fatiguent après des efforts prolongés.
Les défauts de l'œil (myopie, hypermétropie, astigmatisme, troubles de la convergence, et après 40 ans presbytie) sont très fréquents (autour de 35% de la population avant 40 ans, 100% au-delà de 50 ans). Lorsqu'ils sont mal corrigés, ils rendent l'effort oculaire plus intense pour un résultat imparfait. Il en résulte une fatigue plus rapide des muscles qui répondent moins bien et donc une qualité visuelle qui se dégrade au fur et à mesure de l'effort (vue de plus en plus trouble, picotements oculaires, douleurs cervicales, maux de tête…).
Les larmes et paupières sont destinées à protéger l'œil. En cas de travail oculaire dans des conditions médiocres de visibilité (éclairage trop faible, reflets, taille des objets trop petite,…), leur activité protectrice se renforce provoquant une gêne supplémentaire (clignement, larmoiement).
Le confort visuel est une composante du "vécu" au travail dont l'influence psychologique est importante. Il permet de préserver la santé au travail, d'améliorer la qualité du travail, de limiter les accidents.
Partout ou l'on travaille cette analyse est nécessaire, mais certaines tâches exigent, plus que d'autres, d'excellentes conditions de visibilité, soit parce qu'il s'agit de travaux minutieux sur objets très petits tels le montage de circuits électriques ou électroniques, la mécanique de précision, la couture, les travaux de bijouterie, etc, soit parce que l'objet émet lui-même de la lumière (travail sur écran), soit encore parce que des obligations de sécurité ne permettent aucune erreur (infirmières en poste de soins), etc. mais les exigences techniques sont très différentes dans les différents métiers.
La visibilité est liée à l'intensité de l'éclairement des objets sur lesquels on travaille, aux contrastes, aux couleurs, à la lumière d'ambiance, à la taille et aux vitesses de déplacements de ces objets, au temps passé à visualiser une tâche, etc. Autant de points qu'il faut évaluer.
L'analyse est technique et demande des compétences particulières. La plupart des aspects sont mesurables de façon détaillée.
Le résultat toutefois est apprécié de façon subjective car il s'agit d'une perception, ressentie en terme de "confort visuel". Dans des conditions identiques il pourra être perçu différemment par deux salariés avec une vue sans défaut. Les couleurs sont souvent l'objet de controverses.
Il existe des normes, mais il n'y a pas de solution universelle. Des seuils lumineux à respecter sont définis selon la nature du travail, des règles dans les dispositions matérielles des postes de travail sont à connaître (espace, distances, hauteur par rapport au regard), des temps de repos visuel doivent être respectés.
Enfin la prévention en matière de vision concerne également le risque d'accidents oculaires. Les protections oculaires sont à mettre en œuvre dans beaucoup de métiers. Il peut s'agir d'expositions à des lumières intenses comme lors des opérations de soudage, de travail devant des foyers incandescents tels les hauts fourneaux, verreries,…), de travail avec lasers, d'expositions à des projections: particules métalliques, bois, produits chimiques, dans un grand nombre de métiers industriels ou artisanaux. Ces protections oculaires ont des caractéristiques différentes selon les risques.
En matière d'éclairage le salarié doit s'interroger afin de déterminer si son niveau de confort visuel à son poste de travail est satisfaisant et s'il n'éprouve pas d'excès de fatigue visuelle ou générale, de douleurs articulaires (dos, cou, membres supérieurs…) liées à des positions anormales "pour mieux voir". Dans la mesure de ses moyens il doit essayer de corriger les éventuelles anomalies (déplacement d'un écran, d'une table, d'un point lumineux mobile,…).
Si la situation n'est pas suffisamment améliorée, même dans les pluspetites entreprises le salarié a toujours un médecin du travail à qui en parler lequel pourra examiner sa vue et aller sur place pour analyser la difficulté.
Il dispose de tous les moyens techniques utiles pour mesurer les composantes de l'éclairage et de l'espace de travail. En outre, à Annecy, il y a dans le service de santé au travail, des techniciens spécialisés IPRP : Intervenants Prévention des Risques Professionnels qui peuvent procéder à la demande du médecin à une analyse détaillée des différentes caractéristiques de l'éclairage qu'il s'agisse d'un bureau, d'un magasin, d'un entrepôt, d'un atelier d'usine ou de celui d'une entreprise artisanale.
Il s'assure aussi que les sécurités pour éviter les accidents visuels, là où elles sont nécessaires, sont utilisées et sont conformes en fonction des risques (par exemple écrans protecteurs sur les machines qui présentent des risques de projection).
Parmi l'ensemble des activités professionnelles le travail sur écran a fait l'objet d'une attention particulière du législateur en matière de prévention - décret 91-451 du 14 mai 1991, car il sollicite simultanément l'ensemble des capacités visuelles et le travail s'effectue encore trop souvent dans des conditions approximatives d'éclairage, sans véritable réflexion préalable à l'aménagement lumineux en fonction des écrans.
La très grande diffusion de cet outil de travail, sa banalisation dans tous les emplois (bureaux ateliers, surfaces commerciales, entrepôts) n'a pas rendu plus attentif à la recherche des conditions les plus adaptées, aussi bien les employeurs que les salariés. Outre l'éclairagece travail, requiert des conditions d'organisation de l'espace qui ne sont bien souvent pas respectées, même si les écrans plats actuels ont sensiblement améliorés le confort de travail.
il existe là une véritable "inconscience" de la source d'une fatigue excessive des salariés exposés.
Il n'a jamais été démontré que le travail sur écran provoque une dégradation de la fonction visuelle (il ne fait que révéler des défauts déjà existants mais qui ne gênent pas dans la vie de tous les jours).
Il induit une fatigue visuelle en fonction du temps passé qui sera d'autant plus pénible, précoce et longue à effacer que le confort visuel au travail sera mauvais. Les conditions de visibilité médiocres peuvent générer des troubles musculaires et tendineux en relation avec des positions inconfortables qui peuvent devenir chroniques et handicapants. Il existe d'excellents documents qui exposent les conditions d'aménagements à respecter autour des écrans. L'éclairage des lieux de travail est défini par la Norme NF EN 12464-1.
Voici une liste de quelques sites qui vous permettront d'approfondir les aspects réglementaires, ergonomiques et sécuritaires de la vision au travail.
Pour trouver des renseignements sur les équipements de protection individuelle, leurs caractéristiques et où se les procurer voici quelques pistes :
Autres fiches et dossier : Travail sur écran, de services de santé au travail :
Dernière mise à jour : mai 2008
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