Accidents avec exposition au sang et aux liquides biologiques - AES
Dossier réalisé par : Docteur H.Carlier médecin du travail
Mots clés : accident d'exposition au sang, aes, prévention des aes, risque aes
Sommaire
1 - Qu'est-ce qu'un accident avec exposition au sang ou aux liquides biologiques (AES) ?
Une exposition accidentelle au sang ou aux liquides biologiques est définie par un contact avec du sang ou un liquide contenant du sang lors d'une piqûre avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant, ou par un contact avec du sang ou du liquide contaminé sur une plaie, une peau non intacte ou une muqueuse.
Les AES sont fréquents en milieu de soins (hôpital, cabinets médicaux et dentaires, soins à domicile ...). Ils peuvent toucher d'autres milieux professionnels (traitement des déchets, entreprise de nettoyage, milieu socio-éducatif, etc. ...). Ils concernent également le cadre hors professionnel (soin à un patient de son entourage, secouriste, pompiers volontaires, etc. ...).
L'accident exposant le plus sévère est une piqûre. Les facteurs de risque de contamination virale après une piqûre par une aiguille contenant du sang sont les suivants :
- La profondeur de la blessure ;
- Le sang visible sur le matériel ;
- Une procédure impliquant une aiguille creuse qui vient d'être utilisée pour un prélèvement sanguin ;
- La charge virale (présence de virus dans le sang) du patient source ;
- L'absence de port de gants par la victime de l'AES, d'où une blessure plus profonde.
Leur prévention est un objectif prioritaire, car tout liquide biologique est potentiellement infectant (risque de transmission de bactéries ou virus, mais surtout des virus du sida, et des hépatites virales B et C).
2 - Les AES et la réglementation.
En cas d'exposition au sang ou aux liquides biologiques, une évaluation du risque de contamination est indispensable. Une surveillance biologique de la personne exposée, ainsi qu'un traitement doivent être mis en route sans retard au moindre doute.
- Arrêté du 1er août 2007 fixant les modalités de suivi sérologique des personnes victimes d’accident du travail entraînant un risque de contamination par le VIH
- Circulaire interministérielle N°DGS/R12/DHOS/DGT/DSS/2008/91 du 13 mars 2008 relative aux recommandations de prise en charge des personnes exposées à un risque de transmission du VIH.
- Circulaire DGS/VS2/DH/DRT/99/680 du 8 décembre 1999 relative aux recommandations à mettre en œuvre devant un risque de transmission du VHB et du VHC par le sang et les liquides biologiques.
- Circulaire N° DGS/DH/DRT/DSS/98/228 du 9 avril 1998 relative aux recommandations de mise en œuvre d'un traitement antirétroviral après exposition au risque de transmission du VIH.
3 - Principes fondamentaux de prévention des AES.
La stratégie de prévention des accidents d'exposition au sang et aux liquides biologiques doit être intégrée dans une démarche d'amélioration de l'organisation des conditions de travail (...). Elle fait également partie du plan de prévention lié à l'évaluation des risques mis en oeuvre par l'employeur (Décret du 5 novembre 2001). Cette stratégie repose principalement sur :
- L'évaluation des risques (lien EVRP)
- La vaccination du personnel exposé : La vaccination contre l'hépatite B est obligatoire par la loi du 18 janvier 1991, (article L. 10 du Code de Santé Publique et arrêté du 26 avril 1999). Elle concerne toute personne qui, dans un établissement de soins ou de prévention, exerce une activité l'exposant au sang ou aux liquides biologiques, soit directement, soit indirectement (...).
- Le respect des précautions générales d'hygiène, avec le port de moyens de protection individuelle adaptés (gants, lunettes si nécessaire).
- L'utilisation rationnelle du matériel adapté.
- L'information et la formation du personnel.
- L'évaluation des actions entreprises.
(Extrait de la circulaire N°99/680 du 8 décembre 1999)
4 - Conduite à tenir en cas d'AES
Conduite à tenir en cas d'accident d'exposition au sang sur la peau
Après contact avec du sang ou des liquides biologiques, des soins locaux doivent être immédiatement effectués.
- Après une piqûre ou blessure de la peau, nettoyer immédiatement la plaie à l'eau courante et au savon, puis rincer. Passer à l'étape 2.
- Désinfecter la plaie par trempage avec : une solution de Dakin (non périmée) ou de la bétadine en assurant un temps de contact d'au moins 5 minutes.
- L'évaluation du risque de transmission virale est ensuite effectuée auprès du médecin référent. Il est désigné conformément aux recommandations sur la mise en place d'un dispositif local d'accueil et de prise en charge des personnes ayant un AES (cf. la ciculaire du 9 avril 1998). Il évalue le risque de transmission des virus du sida, des hépatites B et C. Elle doit être réalisée dans l'heure qui suit l'AES. Chaque établissement ou chaque employeur doit connaître les coordonnées du médecin référent de son secteur. Cette information peut être obtenue en téléphonnant à l'hôpital de son secteur.
- Il faut ensuite déclarer l'accident d'exposition au sang :
- A l'employeur, afin de bénéficier de l'accès aux soins et aux droits de protection sociale. L'AES est un accident du travail. Il donne lieu à des soins (les prises de sang) qui seront prises en charge à ce titre.
- Au service de Santé au travail. Cela permet au médecin du travail d'identifier les circonstances de survenue de l'accident, de déterminer les actions de prévention à mettre en oeuvre, et d'évaluer ses actions dans l'entreprise.
- La connaissance du statut sérologique du sujet source est un élément déterminant pour l'évaluation du risque. Elle permet de définir si une surveillance biologique est nécessaire, et si un traitement pour prévenir une infection par le virus du sida est à mettre en route. Dans ce cas, il doit être débuté le plus rapidement possible, et de façon idéale, dans les 4 heures qui suivent l'AES. En cas de non réponse à la vaccination de l'hépatite B (ou l'absence de vaccination), un traitement par sérum spécifique et la vaccination doivent être débutés sans retard.
Conduite à tenir en cas d'accident d'exposition au sang avec projection dans l'oeil
- Faire un rinçage doux en utilisant soit un rince-œil, soit un gobelet rempli d'eau tempérée (eau de bouteille ou eau du robinet) ou de sérum physiologique.
Garder les paupières ouvertes dans le liquide et faire monter et descendre le regard, réaliser des mouvements de rotation de l’œil, afin de bien rincer le pourtour du globe oculaire et les paupières. - En cas de port de lentilles de contact :
- Lentilles souples: il sera prudent de jeter les lentilles (risque de débris et de protéines contaminées)
- Lentilles rigides : procéder à un nettoyage complet des lentilles avec les produits d'entretien et de désinfection habituels avant de les remettre, si l'œil n'est pas irrité.
Dernière mise à jour : novembre 2009
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