Lorsque nous écoutons de la musique sur un haut-parleur, la membrane de celui-ci vibre. Ces vibrations entraînent des compressions successives de l 'air sous forme d'ondes qui se propagent dans toutes les directions. Cette série de pressions constitue le son. Un son devient un bruit lorsque sa perception acoustique est gênante ou désagréable. Le bruit, ou ondes sonores, peut se propager dans l'eau de façon moins intense que dans l'air, mais aussi dans des solides.
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Infrasons |
< 20 Hz |
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Sons graves |
20 à 200 Hz |
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Sons médiums |
200 à 2 000 Hz |
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Sons aigus |
2 000 à 20 000 Hz |
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Ultrasons |
> 20 000 Hz |
Lorsque deux machines produisent un niveau sonore de 85 dB(A) chacune, le total de l'ensemble nous donne un niveau de pression acoustique de 88 dB(A) soit 3 dB de plus ; sur l'échelle logarithmique une augmentation de 3 dB nous indique que le bruit a doublé.
Voici des exemples de niveau sonore :
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Activité |
Niveau |
Effets |
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Bureau calme |
40 dB | |
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Bureau bruyant Conversation animée |
60 dB 65 dB |
Travail intellectuel pénible |
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Usine moyenne |
75 dB |
Fatigue auditive |
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Atelier d'ajustage |
85 dB |
Risque avéré pour l'audition |
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Walkman Ponçage |
90 dB 90 dB |
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Scie circulaire |
100 dB | Bruit dangereux |
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Atelier de chaudronnerie |
110 dB | |
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Marteau piqueur |
120 dB | Seuil de la douleur |
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Banc d'essai de moteur |
130 dB |
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Chaque fois que nous percevons un son, une vibration se propage et parvient à nos oreilles.
En France un peu plus de 3 millions de salariés sont exposés à des nuisances sonores supérieures à 85dB(A) (enquête Sumer 2003). La surdité professionnelle n'épargne personne, elle n'est pas guérissable et elle a de multiples conséquences humaines et économiques.
De plus, en entraînant une fatigue et une diminution de la concentration, le bruit peut être un facteur de diminution de la qualité du travail, et d'augmentation d'accidents du travail.
Un bruit correspond à une pression de l'air et une pression se mesure. L'appareil utilisé est un sonomètre intégrateur. Il est composé d'un microphone, d'un amplificateur et de filtres de pondération. On peut faire deux types de mesure :
Mais tous les bruits, suivant leur nature, n'ont pas le même impact sur l'oreille. Les sons aigus sont plus destructeurs que les sons graves ; pour les reconnaître et les mesurer, on va utiliser un fréquencemètre.
Celui-ci est souvent associé au sonomètre. Avec cet appareil on mesure en dB les pressions des bruits graves, médium et aigus (ou mesure par bandes d'octave). cela permet au final de connaître exactement le niveau et la nature du bruit auxquels sont exposés les salariés et de savoir quels sont les moyens les plus appropriés à mettre en œuvre pour préserver leur audition.
Elle est effectuée grâce à un audiogramme. Le salarié est placé dans une cabine insonorisée, pour ne pas être gêné par des bruits parasites. Par le biais d'un audiomètre et d'un casque, on fait entendre des sons de fréquences différentes. Si le salarié ne perçoit pas le signal sonore, on augmente l'intensité du son jusqu'à ce qu'il l'entende. L'écart entre les sons perçus par le salarié et la courbe de référence constitue la perte auditive. Une perte auditive de moins de 20 dB n'est pas considérée comme anormale, car il existe des variations individuelles.
Le seuil de présomption de danger commence à 80 dB(A), et à partir de 85 dB(A), il y a un risque avéré de dégradation de l'audition. Il faut savoir que pour des niveaux inférieurs, certains salariés, plus sensibles que d'autres, peuvent développer une surdité professionnelle.
La directive 2003/10/CE du 6 février 2003, rabaisse les seuils d’exposition sonore qui étaient établis par le décret n°88-405 du 21 avril 1988 (titre I) et la circulaire du 6 mai 1988. Cette directive a été transcrite en droit français dans le décret 2006-892 du 19 juillet 2006 et nous retrouvons les nouveaux seuils dans l’Article R4431-2 créé par le décret n°2008-244 du 7 mars 2008 suite à la recodification du code du travail du 1er mai 2008.
Lorsque l'exposition au bruit dépasse les valeurs d'exposition inférieures déclenchant l'action, l'employeur met des protecteurs auditifs individuels à la disposition des travailleurs.
Lorsque l'exposition au bruit égale ou dépasse les valeurs d'exposition supérieures déclenchant l'action, l’employeur doit déclarer les salariés en surveillance médicale renforcée, mettre en œuvre un plan technique visant à réduire le bruit au niveau des machines, lorsque c'est techniquement possible, et les travailleurs ont l’obligation de porter des protecteurs auditifs individuels.
Si des expositions dépassant les valeurs limites d'exposition avec les protections auditives sont constatées, l'employeur :
Lex,d : Niveau d'exposition quotidienne : C'est la valeur, en dB(A), du niveau moyen de bruit reçu par un travailleur durant toute sa journée de travail, exprimé en fonction d'une durée de référence égale à 8h (selon la norme NFS 31-084). Pour l'application des valeurs limites d'exposition, la détermination de l'exposition effective du travailleur au bruit tient compte de l'atténuation assurée par les protecteurs auditifs individuels portés par le travailleur.
Lpc : Niveau de pression acoustique de crête : il correspond à la valeur maximale de la pression instantanée, observée durant une période de temps représentative de sa journée de travail.
Le texte rappelle les principes généraux de prévention : « L'employeur est tenu de réduire le bruit au niveau le plus bas raisonnablement possible », indépendamment des niveaux atteints.
C'est le moyen le plus efficace, mais aussi le plus difficile à mettre en œuvre techniquement. Elle permet d'agir dès la conception ou par correction des lieux de travail avec :
Elles ne devraient être qu'un appoint de la protection collective, mais demeurent bien souvent pour le salarié sa seule protection. Elles procurent une atténuation d'environ 20 dB(A) suivant la qualité du casque ou des bouchons d'oreilles (ces 2 types de protection ont à peu près la même efficacité). Le choix se fera en fonction de l'utilisation. Les bouchons d'oreilles sont le plus souvent préférés pour un port continu. Les protections individuelles présentent l'inconvénient de perturber la relation sonore homme/machine et sont souvent difficiles à supporter (il faut une période de l'ordre de 2 semaines pour s'habituer).
Pour qu'une protection soit efficace, il faut qu'elle soit portée pendant toute l'exposition au bruit.
Prenons l'exemple d'une protection ayant une efficacité d'atténuation de 25 dB(A). Si elle est portée par le salarié pendant 8 heures dans un environnement sonore de 96 dB(A), le salarié aura été exposé à 71 dB(A). Par contre si le salarié, dans le même environnement sonore, ne porte la protection que pendant 4 heures, l'efficacité d'atténuation ne sera que de 3 dB(A). Il aura reçu comme dose sonore 93 dB(A), dose suffisante pour que, au fil du temps, une destruction irréversible de l' ouïe s'installe.
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