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Assistante dentaire

Dossier réalisé par : Docteur H. Carlier médecin du travail
Date de création : août 2000
Dernière mise à jour : novembre 2009
 Le rôle de l'assistante dentaire est d'organiser, de préparer et d'accompagner le chirurgien dentiste dans sa consultation. La revue des risques professionnels va montrer qu'ils sont nombreux et variés.

Sommaire

Risque chimique de l'assistsante dentaire

Circonstances de survenue

Le travail de l'assistante dentaire l'expose à différentes substances :

  • lors de l'accompagnement du travail du chirurgien-dentiste, avec la préparation des plâtres, des ciments, des antiseptiques, antibiotiques, anesthésiques, etc.
  • lors des opérations de nettoyage, désinfection et stérilisation.

Nature du risque

L'allergie et/ou l'irritation, du fait du contact répété avec des substances qui peuvent être allergisantes, comme le nickel, le chrome, le cobalt, les résines, les produits à base d'aldéhyde, les antibiotiques, et même le latex des gants.
Ce phénomène de l'allergie peut être favorisé par l'irritation, liée à la manipulation de différents produits de nettoyage, aux opérations répétées de lavage voire de brossage des mains.

Conséquences sur la santé

L'allergie peut être cutanée, avec des réactions à type d'eczéma. Certains produits sont inscrits dans les tableaux de maladies professionnelles indemnisables, et permettent réparation à ce titre. Dans d'autres cas, l'allergie est respiratoire, et apparaît sous forme d'asthme. C'est le plus souvent le cas avec les produits d'entretien, de stérilisation, et parfois également avec le latex. Ce dernier peut rarement entraîner des réactions plus graves comme le choc anaphylactique. L'intoxication par le mercure est quant à elle rare.

Moyens de prévention

Prévention de l'allergie et des irritations

Le travail avec des gants adaptés (fins pour les travaux de précision, gants de ménage pour l'entretien) et des moyens de préhension (pinces, porte-amalgame …) doit permettre d'éviter le contact avec les produits utilisés. On essaiera au maximum d'automatiser les tâches.
L'hygiène des mains devra être rigoureuse. En cas de réactions de la peau au contact des produits ou gants, un bilan chez un allergologue devra être effectué afin de déterminer s'il existe une allergie, et quels produits ne doivent plus être utilisés.
Par ailleurs, une bonne aération des locaux devra être assurée, et il faudra veiller à ne pas réaliser de tâches administratives dans les locaux réservés aux manipulations de produits.

Risque physique de l'assistante dentaire

Nature des risques et circonstances de survenue

Les assistantes dentaires n'étant pas habilitées à manipuler les appareils de radiologie, elles ne doivent pas entrer en zone contrôlée lors de la réalisation des clichés. Elles ne sont donc pas exposées aux rayonnements ionisants. Elles risquent cependant d'être exposées aux rayonnements ultraviolets lors de l'utilisation de générateurs pour la polymérisation des composites. Par ailleurs, l'éclairage qui doit être intense au fauteuil, peut provoquer des éblouissements, d'autant plus s'il existe des reflets sur les instruments métalliques. Le travail de l'assistante dentaire l'expose par ailleurs à différentes sources sonores lors des opérations d'aspiration, de fraisage, de détartrage … auxquelles on peut ajouter le bruit lié à l'environnement de la ville. Certains des instruments produisent également des ultrasons, et notamment les appareils destinés à nettoyer les instruments.

Conséquences pour la santé

Lors de l'éblouissement, un inconfort s'installe : il augmente la fatigue visuelle déjà due au travail de précision, à la multiplicité des tâches. De plus, les ultraviolets émis par certaines lampes peuvent créer des réactions de la peau avec photosensibilisation, et des troubles oculaires. Le bruit quant à lui n'atteint des niveaux sonores nocifs pour l'oreille que par intermittence. Le risque auditif est donc globalement faible, mais les effets extra- auditifs du bruit (fatigue, stress, …) ne sont pas négligeables.
Quant aux ultrasons, il peuvent entraîner des irritations de la peau, et peut-être des perturbations au niveau osseux et vasculaire lors de contacts directs avec les ultrasons propagés par l'eau (dans les cuves de nettoyage).

Moyens de prévention

Prévention des effets des ultrasons

Se calquera sur celle de la prévention du bruit : isolement, entretien régulier et amélioration à la construction des instruments utilisés. Pour les cuves de nettoyage à ultrasons, il faudra veiller à ne pas plonger les mains dans les bacs en cas de fonctionnement.

Prévention des rayonnements ionisants

Le port d'un badge de dosimétrie permettra de confirmer l'absence d'exposition aux rayonnements ionisants. On pourra choisir un développement trimestriel du dosifilm.

Prévention liée à l'éclairage

L'éclairage devra être étudié de façon à ce qu'il permette un travail de précision au fauteuil, mais qu'il ne soit pas source d'éblouissement ailleurs, notamment au poste de travail où les tâches administratives sont réalisées sur ordinateur. Le choix de la lampe à polymériser s'orientera vers celle qui permet une bonne désinfection du matériel (embouts amovibles) et une transmission lumineuse inaltérable, et donc non nocive pour les utilisateurs.

Lors des visites médicales, une sensibilisation aux risques permettra de rappeler les règles de prévention.

 

Risques liés aux postures de travail

Circonstances de survenue

Les assistantes dentaires ont un travail qui nécessite une grande disponibilité.

  • Outre les tâches d'accueil, de standard téléphonique, elles auront à effectuer un travail administratif et de comptabilité sur ordinateur.
  • Elles s'occupent également de la gestion des stocks.
  • Puis il y a toute la partie soins : assistance du chirurgien dentiste au fauteuil, préparation des empreintes, de ciments, etc. ..., développement des radios, nettoyage du cabinet, des instruments, désinfections et stérilisation.

Nature du risque

  • Une partie du travail s'effectuera devant écran et assis. De mauvaises attitudes risquent d'entraîner des troubles musculo-squelettiques, et des douleurs le long de la colonne vertébrale ou au niveau des épaules.
  • A côté, certaines missions entraînent un piétinement permanent, de même que des postures asymétriques lors de l'aide au fauteuil, ou penchées en avant lors de la préparation du plan de travail ou du nettoyage.

Conséquences pour la santé

  • Toutes ces postures , si elles sont répétées et surtout maintenues longtemps, risquent d'entraîner des douleurs dans la colonne vertébrale, des douleurs musculaires ou articulaires.
  • Les mouvements répétitifs peuvent être la cause de tendinites.
  • Quant au piétinement, il peut aggraver une insuffisance veineuse.

Moyens de prévention

  • Afin de limiter les effets des contraintes posturales, il faudra veiller à l'aménagement des locaux (hauteur des plans de travail, ergonomie du poste de travail sur écran, ...).
  • Une prise en charge de l'insuffisance veineuse (port de bas, collants ou chaussettes de contention, drainage postural, douches froides, médicaments) permettra de réduire les symptômes, et d'éviter son aggravation.
  • Lors des visites médicales, une sensibilisation aux risques permettra de rappeler les règles de prévention.

 

Risque accident

Il existe deux principaux risques d'accidents :

  • Les projections oculaires.
  • Les accidents avec exposition au sang.

Circonstances de survenue

  • Les projections peuvent survenir au fauteuil, lors de l'utilisation de la fraise par exemple. Il peut s'agir de fragments de matériel, de dents, de liquides biologiques : salive, sang... mais aussi de gouttelettes de liquides lors de tâches de préparation ou nettoyage (produits réactifs).
  • Les accidents par exposition au sang (AES) résultent d'une coupure ou d'une piqûre par une seringue ou une aiguille, utilisée au préalable chez le patient. Les AES surviennent le plus souvent dans la précipitation des plannings chargés ou lors du ménage en cas de chute au sol d'objet piquant souillé.

Conséquences sur la santé

Les conséquences de la projection d'un corps étranger dans l'oeil dépendent de sa nature et de la vitesse à laquelle il percute l'oeil : cela peut aller du traumatisme minime de la cornée, à sa perforation, en passant par la brûlure chimique.
Les projections de liquide biologique peuvent avoir les mêmes conséquences que les accidents par piqûre, à savoir une contamination par des virus tels que ceux des hépatites virales B, C ou du SIDA.

Moyens de prévention

Le port de lunettes de protection est vivement conseillé lors des opérations à risque au fauteuil (elles concernent en général le chirurgien dentiste) ou lors des opérations de nettoyage. Un rince-oeil peut permettre de limiter les conséquences des brûlures chimiques (rinçage long et abondant par sérum physiologique ou eau tiède, au moins 15 minutes).
La durée du rinçage sera réduite à 10 minutes en cas de projection de liquides biologiques.
Il faut toujours garder en mémoire le risque d'AES : les aiguilles ne seront pas recapuchonnées ni posées sur un plateau, mais directement éliminées dans un conteneur adapté. En cas de projection de liquides biologiques sur le plan de travail, ce dernier sera immédiatement nettoyé et désinfecté. Le respect des précautions standard d'hygiène (lavage des mains, tenue de travail, désinfection, gestion des déchets) est indispensable.
Les vaccinations permettent de compléter ces mesures de prévention. Elles sont obligatoires pour le personnel exposé des établissements de soins dentaires.

Après contact avec du sang ou des liquides biologiques, des soins locaux doivent être immédiatement effectués.
  1. Après piqûre ou blessure de la peau, nettoyer immédiatement la plaie à l'eau courante et au savon, puis rincer.
  2. Désinfecter la plaie par trempage dans :
    Une solution de Dakin (non périmée) ou de la bétadine, en assurant un temps de contact d'au moins 5 minutes.
  3. L'évaluation du risque de transmission virale est ensuite effectuée auprès du médecin référent (en général, dans le service de maladies infectieuses de l'hôpital). Elle doit être réalisée dans l'heure qui suit l'AES.
  4. Puis il faut déclarer l'accident
    1. d'une part à l'employeur, afin de bénéficier de l'accès aux soins et aux droits de protection sociale.
    2. d'autre part dans la structure de soins et de prévention : l'AES doit être enregistré par le service de médecine du travail. Cela permet au médecin du travail d'identifier les circonstances de survenue de l'accident, de déterminer les actions de prévention à mettre en oeuvre, et d'évaluer ses actions dans l'entreprise.
  5. La connaissance du statut sérologique du sujet source vis à vis des hépatites B et C et du SIDA est un élément déterminant pour l'évaluation du risque. Elle permet de définir quelle surveillance biologique est nécessaire chez la victime de l'accident, et si un traitement pour prévenir une infection par le virus du sida est à mettre en route.

N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail

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