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Carrossier - peintre

Dossier réalisé par : Docteurs S. Goux interne en médecine du travail ; N.Pelissier médecins du travail

Sommaire

Risque auditif

Circonstances de survenue

Le travail des tôles (martelage, rivetage, découpage, utilisation de soufflettes d'air comprimé…) expose le plus souvent le carrossier à des niveaux sonores supérieurs à 85 dB avec des pics à plus de 100 dB. De tels niveaux de bruit peuvent entraîner des lésions de l'oreille avec une baisse progressive de l'audition pouvant aller jusqu'à la surdité.

Nature du risque

Le risque lié au bruit varie suivant certains facteurs :
  • l'intensité mesurée en décibels (= dB), plus le bruit est intense, plus il est nocif. On admet qu'au delà de 85 dB, l'audition risque de se dégrader et à 90 dB, c'est une certitude.
  • la fréquence : les bruits aigus sont plus nocifs que les graves. - le type de bruit : les bruits brefs, impulsionnels sont plus nocifs que les bruits continus. Le caractère « inattendu » est important : il surprend les systèmes de défense de l'oreille et est donc plus agressif.
  • la durée d'exposition au bruit : plus la durée est grande et plus le risque de séquelles est grand.
  • les conditions environnementales
    le bruit est augmenté par la réverbération des murs.
  • la distance de la personne par rapport à la source bruyante.
  • variabilité inter-individuelle : deux personnes exposées au même bruit ne réagiront pas de la même façon.

Conséquences sur la santé

Au niveau général
  • Le bruit est source de stress, d'anxiété, de perturbation du sommeil.
  • Il peut induire des troubles cardio-vasculaires :
    • Augmentation de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle.
  • Il peut avoir des effets sur la réalisation du travail :
    • Fatigue plus importante lorsqu'on travaille dans une atmosphère bruyante et problèmes de concentration.
  • De même, le bruit perturbe les communications et il est donc source d'accident.
Au niveau auditif
  • Le bruit entraîne la mort et la disparition définitive de certaines cellules de l'oreille interne nécessaires à l'audition.
Conséquences :
  • D'abord une fatigue auditive qui est temporaire ;
  • puis apparaît progressivement une surdité qui sera permanente et irréversible. La surdité professionnelle est habituellement bilatérale, symétrique et apparaît progressivement sans douleur et sans s'en apercevoir. Lorsqu'on s'en rend compte, il est déjà trop tard. C'est une surdité incurable et peu améliorable par prothèse auditive.
Moyens de prévention / Surveillance médicale
  • Le médecin du travail pratique une surveillance régulière chez les salariés exposés au bruit par réalisation d'audiogrammes. Ce test de dépistage permet de repérer l'apparition d'une surdité assez précocement mais aussi de contrôler l'efficacité des mesures de protection.
Protection collective
  • baisse du niveau sonore par : l'achat de matériel le moins bruyant possible l'éloignement de la source de bruit (exemple : mettre le compresseur hors de l'atelier)
  • baisse de la réverbération du bruit par un traitement acoustique des locaux (parois absorbantes pour le bruit…)
Protection individuelle
  • Port de casques ou bouchons anti-bruit à mettre pendant toute la durée de l'exposition.

Risque cutané

Circonstances de survenue

  • Manipulation de fibres de verre lors des opérations de ponçage des pare-chocs en polyester ou lors de la réparation de trous avec du mastic renforcé en fibres de verre. Les opérations de ponçage et de découpage sont les plus dangereuses.
  • Manipulation de diluants des peintures, de dégraissants des tôles et autres produits chimiques cités ci-dessous.

Nature du risque

Les produits pouvant entraîner des pathologies cutanées sont les suivants :
  • les fibres de verre et le mastic renforcé en fibres de verre
  • les diluants des peintures
  • le peroxyde de benzoyle qui est le durcisseur du mastic et de l'apprêt
  • l'octoate de cobalt contenu dans l'accélérateur de réaction - l'aldéhyde formique des colles de matière plastique - les isocyanates entrant dans la composition des peintures polyuréthannes.

Conséquences pour la santé

  • une dermite irritative des mains et des avant bras : elle est due à une agression physique (fibres de verre…) ou chimique (diluants des peintures…) et peut se manifester par des ulcérations, des crevasses, une sécheresse et parfois une rougeur de la peau qui est alors sensible voire douloureuse. Ces lésions sont limitées aux zones de contact. Elle peut également être due à la sudation et à la macération dans les gants.
  • un eczéma de contact qui se situe habituellement au niveau des mains. C'est une réaction allergique au niveau de la zone de contact avec le produit (peroxyde de benzoyle, octoate de cobalt, aldéhyde formique, isocyanates…). La peau présente tout d'abord de petites vésicules suintantes sur fond rouge puis des croûtes. Les démangeaisons sont parfois très importantes.

Moyens de prévention

Protection collective
  • remplacement, le plus souvent possible, des produits les plus allergisants par d'autres moins agressifs.
  • formation et information des salariés sur les risques des produits manipulés.
  • utilisation d'une machine à laver les pistolets afin d'éviter le lavage à la main.
  • utilisation de peinture "dites à l'eau". Les peintures ne contiennent plus de solvant hormis des ethers de glycol, du type en général butylglycol. L'utilisation de ces peintures diminue l'exposition aux solvants mais il faut toujours les manipuler avec précautions du fait de la présence d'ether de glycol, de type butylglycol, qui peuvent pénétrer par la peau. (Il est recommandé de porter des gants en Nitrile).
Protection individuelle
  • bonne hygiène des mains
  • utilisation de savons adaptés (peu agressifs), de crèmes protectrices à appliquer avant le travail et de crèmes réparatrices à appliquer après le travail pour hydrater la peau.
  • port de gants adaptés au produit utilisé. Par exemple : gants en nitrile pour la manipulation de solvants, gants en PVA (polyvinyle alcool) pour les peintures isocyanates…
  • vêtements de travail de bonne qualité, changés et nettoyés régulièrement.

Risque respiratoire

Circonstances de survenue

Le risque respiratoire existe essentiellement lors des activités de préparation et d'application des peintures, apprêts… Ces peintures et apprêts contiennent des polyuréthannes dont les composés dangereux sont les « isocyanates ».
La pulvérisation des peintures au pistolet pneumatique engendre un aérosol de fines gouttelettes riches en isocyanates qui vont être inhalées et pénétrer dans les poumons au niveau des bronches, notamment si le pistolage s'effectue en dehors d'une cabine de peinture ou dans une cabine mal ventilée ou sans protection respiratoire efficace.

Nature du risque

Les produits incriminés dans les pathologies respiratoires des carrossiers et des peintres sont essentiellement les isocyanates qui sont un des composants chimiques des peintures polyuréthannes.

Conséquences pour la santé

Ces peintures et apprêts sont à l'origine d'apparition d'asthme. Les crises d'asthme peuvent apparaître après plusieurs années d'exposition ou très rapidement. Elles surviennent le plus souvent le soir ou la nuit après une journée de travail. La gène respiratoire (de type difficulté à faire sortir l'air) est rythmée par le travail et s'améliore voire disparaît pendant les périodes de repos. Parfois il y a des signes plus précoces comme une rhinite ou une toux sèche survenant après le travail.
Lorsque le salarié n'est plus exposé à ces produits, son état s'améliore et l'asthme peut parfois disparaître si le diagnostic a été fait relativement rapidement. En pratique, lorsqu'un peintre devient allergique aux isocyanates, il faut qu'il change de métier. Cette pathologie doit être déclarée en maladie professionnelle (tableau n° 62 du régime général).

Moyens de prévention

Protection collective
  • cabine de peinture fermée, avec une ventilation verticale : elle doit être utilisée systématiquement (même pour de petites surfaces) et maintenue en bon état de fonctionnement (vitesse d'air suffisante, changement régulier des filtres…)
  • local de préparation des peintures avec une aspiration au niveau de la zone de préparation.
  • stockage des peintures également dans un local ventilé et séparé de l'atelier. Protection individuelle
  • protection respiratoire individuelle :

    • les plus efficaces sont les appareils à adduction d'air avec apport d'air frais
    • à défaut : port de masque respiratoire à cartouche (cartouches à charbon actif plus filtre anti-poussière type P2 minimum, régulièrement changées).
  • rangement des masques dans une zone propre et fermée, en dehors de la cabine de peinture.

 

Risque accident

Circonstances de survenue et conséquences pour la santé

  • manipulation quotidienne de tôles qui peuvent être tranchantes, d'outils coupants pouvant entraîner des plaies plus ou moins profondes et plus ou moins graves.
  • risque également d'écrasement au niveau des doigts essentiellement.
  • risque de brûlure lors du soudage, du découpage au chalumeau.
  • risque d'atteinte oculaire traumatique lors du soudage ou par projection de petits débris métalliques dans les yeux.
  • risque de lombalgie lors de la manipulation des différentes pièces de carrosserie qui sont lourdes et encombrantes.
  • risque de troubles musculo-squelettiques dûs à la réalisation de mouvements répétitifs et forcés (hypersollicitation des membres supérieurs), qui peuvent entraîner également une tendinite, des troubles ostéo-articulaires et des affections vasculaires au niveau des mains.
  • risque d'incendie des solvants présents dans l'atelier qui s'évaporent très facilement et sont très inflammables.

Moyens de prévention

Protection collective
  • atelier propre et bien rangé.
  • local séparé et ventilé pour entreposer les produits dangereux et inflammables.
  • matériel d'aide au levage et à la manutention
  • formation des salariés sur la prévention des risques liés à l'activité physique (PRAP).
  • outillage adapté à la tâche, léger, facilement maniable.
  • outils électriques les moins vibrants possibles.
  • éclairage suffisant et facile à déplacer.
Protection individuelle
  • gants de protection lors de la manipulation des tôles.
  • chaussures de sécurité.
  • lunettes de protection lorsqu'il y a un risque de projection.
  • équipement adapté lors du soudage.
  • tabagisme interdit lors des opérations de nettoyage et de peinture.

N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail.

Dernière mise à jour : décembre 2003

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