Accéder à l'espace adhérents (sécurisé) Annecy Santé au Travail

risques_metiers

Métiers de la montagne

Skiman

Dossier réalisé par : Docteur B. Gouaille médecin du travail
Mise à jour : Docteur P.Teinturier médecin du travail

Le skiman travaille soit dans un magasin de sport, souvent en station de montagne, soit dans le rayon sport des grandes surfaces.

Le cœur du métier est l'entretien et la réparation des skis, mais dans les magasins traditionnels, il est fréquemment chargé de multiples tâches : réception des articles avant la saison, mise en rayon, montage des fixations, conseils à la clientèle et réglages des matériels à vendre ou à louer (skis, chaussures, surf,...), gestion des locations et des retours des matériels loués.

Il s'agit d'un employé parfois permanent, la plupart du temps saisonnier avec une expérience antérieure variable. Il existe une formation de quelques jours dans des centres spécifiques, mais bien souvent il est formé "sur le tas" dans des établissements aux effectifs restreints autour du propriétaire.

Sommaire

Risque toxique

Nature du risque

Il peut s'agir de pénétration dans l'organisme de produits toxiques à travers la peau (solvants, colles) ou par les voies respiratoires (dégagements de produits chimiques divers par dégradation à chaud en particulier le polyéthylène).

Circonstances de survenue

Utilisation de solvants : nettoyage des semelles de skis (white spirit, acétone, défarteur)

Utilisation de colles : colle cyanoacrylique, de colle époxy bicomposant : réparation des carres.

Dégagement de poussières et de fumées (par échauffement) de polyéthylène lors du ponçage des semelles à sec.

Dégagements de poussières irritantes pour les voies respiratoires lors des opérations de perçage lorsque les matériels ne sont pas "prépercés", dans une moindre mesure.

Dégagement de produits chimiques : Lors de la réfection des semelles à chaud soit "au pistolet" soit avec des surmouleuses. Dans ce dernier cas la nature et les quantités de produits chimiques dégagés et issus du polyéthylène dépendent de la température. Plus elle est élevée plus il y a de fumées agressives. Les préconisations des constructeurs ne sont pas toujours respectées.

Dégagements de fumées lors du fartage à chaud : Les farts ont des compositions complexes (résines, paraffines, cires...). Les dégagements de fumées augmentent avec la température. Les opérateurs peuvent avoir tendance à travailler à des températures trop élevées (meilleure fluidité, application plus fine).

Conséquences sur la santé

Au niveau des poumons il s'agit surtout de risques irritatifs par les poussières. Il peut exister également une diffusion dans l'organisme de produits dégagés sous forme de vapeurs, lesquels sont mal identifiables car leur nature et leur concentration dépendent de la composition des produits de base et de leur température d'utilisation.
Au niveau de la peau il peut y avoir également une diffusion dans l'organisme de produits en particulier avec les solvants.

Moyens de prévention

Ils doivent être collectifs au niveau de l'atelier :

Système d'aspiration efficace à la source des dégagements de fumées, intégré aux machines (surmouleuses), mais également au-dessus des plans de travail (fartage à la main, etc).

Ils doivent aussi être individuels :

Respect permanent des températures en restant sous le seuil maximal préconisé pour les différentes opérations.
Eviter de manipuler les solvants à mains nues par le port de gants adaptés lors des opérations de dégraissage, nettoyage.

Risque allergique

Nous incluons ici les risques d'irritation qui peuvent faciliter les manifestations allergiques ultérieurement

Nature des risques

Cutané
  • Irritation sous forme de peau sèche, crevassée, facilitée par les pousières de ponçage et la manipulation des différents produits à mains nues, ou bien allergie cutanée plutôt provoquée par les différentes colles en particulier cyanoacrylique, sous forme d'eczéma des mains.
Respiratoire
  • Irritation des bronches sous forme de toux chronique, mais aussi allergie respiratoire sous forme d'asthme.
    Oculaire: conjonctivite irritative par les poussières et fumées.

Circonstances de survenue

La manipulation à mains nues des colles.
La production de poussières lors des opérations de ponçage à sec (dans une moindre mesure de perçage) et d'affûtage des carres.
La production de fumées et vapeurs lors des opérations à chaud : réfection des semelles, fartage.

Conséquences pour la santé

En dehors des "désagréments" procurés par les troubles irritatifs qui disparaissent souvent après la saison, les manifestations allergiques comportent le risque d'entraîner une incapacité à la poursuite de ce travail et aussi de réapparaître dans d'autres circonstances exposant à des produits de même nature. Leur traitement est long.

Moyens de prévention

Ils doivent être collectifs au niveau de l'atelier :

L'aspiration à la source des poussières, fumées et vapeurs est indispensable. Il faut faire vérifier qu'elle est véritablement efficace.

Ils doivent aussi être individuels :
  • Eviter les opérations "à sec" de production de poussières et sinon utiliser des lunettes de protection étanche et un masque type P2 au moins, le temps de l'opération.
  • Utiliser les capots de protection contre les projections.
  • Utiliser des gants adaptés aux travaux de dégraissage.
  • Ne pas dépasser les températures préconisées par les fabricants (surmoulage, fartage) mais rester plutôt sous ces seuils qui sont des maximaux.

Risque de manutention

Nature des risques

Il comporte trois aspects :

  • Les gestes répétitifs
  • Les manutentions "lourdes"
  • Les postures de travail

Circonstances de survenue

Les gestes répétitifs existent en particulier lors du montage des fixations (perçage, vissage de quantités souvent importantes de matériels destinés à la location en début de saison).

Les manutentions "lourdes" interviennent en début de saison avec la réception des marchandises et leur mise en place mais aussi durant la saison lors des retours en un temps très court (le vendredi en fin d'après-midi) des matériels de location qu'il faut contrôler et ranger de sorte qu'ils puissent être reloués dès le lendemain.

Les postures pénibles sont liées aux caractéristiques de l'atelier d'une part, à l'accueil de la clientèle d'autre part (essayages chaussures, réglages,…).

Conséquences pour la santé

Les gestes répétitifs peuvent être générateurs de tendinites autour des articulations des membres supérieurs (troubles musculo-squelettiques), du syndrôme du canal carpien, qui imposent la mise au repos pour s'estomper, mais qui peuvent devenir chroniques en l'absence de traitement et de mesures de prévention.

Les manutentions "lourdes" sont susceptibles d'entraîner des lombalgies et parfois des sciatiques dues à l'apparition d'une hernie discale si les bonnes pratiques en matière de manutention ne sont pas respectées avec des risques d'incapacité prolongée pour toute activité. Les postures pénibles entraînent également des lombalgies et douleurs musculaires diverses limitant la capacité de travail.

Moyens de prévention

Ils doivent être collectifs au niveau de l'atelier :
  • Avoir à disposition des sièges "assis-debout" permettant de faire certains travaux sans être penché.
  • Disposer d'escabeaux de bonne qualité, très stables qui permettent des mises en place sans "contorsion" dangereuse pour l'équilibre et le dos.
  • Eviter le désordre et les obstacles dans l'espace de travail et les aires de circulation.
  • Avoir reçu une formation effective en gestes et postures.
Ils doivent aussi être individuels :
  • Savoir réfléchir à ses positions de travail.
  • Alterner les tâches.
  • Respecter les bonnes pratiques de manutention (ne pas se pencher mais plier les genoux, éviter rotations du tronc combinées à une flexion, etc,)

Risque accident

S'agissant d'une activité manuelle en atelier et d'une activité commerciale les risques d'accidents sont multiples, citons :

  • Accidents dorso-lombaires (lumbago, hernie discale) lors des manutentions.
  • Plaies diverses: écrasements de doigts possibles dans certaines machines comportant un rouleau d'entrainement, plaies par cutters lors des déballages, coupures avec les carres de skis.
  • Brûlures avec pistolet à farter positionné hors d'un support adapté, avec "gamelle" de fartage non fixée,...
  • Lésions oculaires par projection d'étincelles ou de paillettes métalliques (affûtage).
  • Accidents musculo-squelettique divers par chutes depuis des échelles inadaptées, ou liées à une insuffisance d'éclairage d'ambiance dans certaines zones de rangement ou encore dues à un escalier difficile. Ces accidents peuvent également être dus à un sol mouillé par la neige fondue ou par la présence de projections diverses (farts…).
  • Risque d'accidents d'électrisation ou d'électrocution avec des outils mal isolés.
  • "Risque incendie" (proximité de nettoyants, dégraissants et de sources de chaleur: pistolet de réfection des semelles par exemple).
  • Enfin dans le cadre des risques de maladies professionnelles ajoutons l'exposition au bruit qui peut dépasser les seuils dangereux lors d'opération de perçage, et surtout de ponçage ou d'affûtage.

Conséquences sur la santé

Elles dépendent du degré de gravité des lésions.

Moyens de prévention

Ils doivent être collectifs au niveau de l'atelier :

Une analyse de l'état des moyens mis à disposition des salariés et de leur bon état est indispensable: escabeaux, escaliers, circulations, accessibilité des zones de rangement, sièges, contrôle électrique des installations et outils manuels au moins avant chaque saison, mise à disposition des moyens individuels de protection (lunettes, masques, gants, protection antibruit), fixations convenables et stables des points sensibles (pistolets de fartage, gamelle)
Les salariés doivent bénéficier d'une formation technique préalable et d'une sensibilisation aux risques inhérents à la profession. Un stage "gestes et postures" s'intègre dans ce souci de formation.
Une formation à la manipulation des extincteurs est également nécessaire.
Les consignes de sécurité doivent être affichées.

Ils doivent aussi être individuels :

Réfléchir à ses pratiques, respecter les consignes de sécurité lorsqu'elles existent, utiliser les moyens individuels de protection lorsqu'ils sont utiles, demander leur mise en place le cas échéant. N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail.

Dernière mise à jour : février 2009

Pour compléter votre information

Haut de page - Contactez-nous


Annecy Santé au Travail - Tous droits réservés - Copyright 2006-2010 - Conception & réalisation Answeb