Le skiman travaille soit dans un magasin de sport, souvent en station de montagne, soit dans le rayon sport des grandes surfaces.
Le cœur du métier est l'entretien et la réparation des skis, mais dans les magasins traditionnels, il est fréquemment chargé de multiples tâches : réception des articles avant la saison, mise en rayon, montage des fixations, conseils à la clientèle et réglages des matériels à vendre ou à louer (skis, chaussures, surf,...), gestion des locations et des retours des matériels loués.
Il s'agit d'un employé parfois permanent, la plupart du temps saisonnier avec une expérience antérieure variable. Il existe une formation de quelques jours dans des centres spécifiques, mais bien souvent il est formé "sur le tas" dans des établissements aux effectifs restreints autour du propriétaire.
Il peut s'agir de pénétration dans l'organisme de produits toxiques à travers la peau (solvants, colles) ou par les voies respiratoires (dégagements de produits chimiques divers par dégradation à chaud en particulier le polyéthylène).
Utilisation de solvants : nettoyage des semelles de skis (white spirit, acétone, défarteur)
Utilisation de colles : colle cyanoacrylique, de colle époxy bicomposant : réparation des carres.
Dégagement de poussières et de fumées (par échauffement) de polyéthylène lors du ponçage des semelles à sec.
Dégagements de poussières irritantes pour les voies respiratoires lors des opérations de perçage lorsque les matériels ne sont pas "prépercés", dans une moindre mesure.
Dégagement de produits chimiques : Lors de la réfection des semelles à chaud soit "au pistolet" soit avec des surmouleuses. Dans ce dernier cas la nature et les quantités de produits chimiques dégagés et issus du polyéthylène dépendent de la température. Plus elle est élevée plus il y a de fumées agressives. Les préconisations des constructeurs ne sont pas toujours respectées.
Dégagements de fumées lors du fartage à chaud : Les farts ont des compositions complexes (résines, paraffines, cires...). Les dégagements de fumées augmentent avec la température. Les opérateurs peuvent avoir tendance à travailler à des températures trop élevées (meilleure fluidité, application plus fine).
Au niveau des poumons il s'agit surtout de risques irritatifs par les poussières. Il peut exister également une diffusion dans l'organisme de produits dégagés sous forme de vapeurs, lesquels sont mal identifiables car leur nature et leur concentration dépendent de la composition des produits de base et de leur température d'utilisation.
Au niveau de la peau il peut y avoir également une diffusion dans l'organisme de produits en particulier avec les solvants.
Système d'aspiration efficace à la source des dégagements de fumées, intégré aux machines (surmouleuses), mais également au-dessus des plans de travail (fartage à la main, etc).
Respect permanent des températures en restant sous le seuil maximal préconisé pour les différentes opérations.
Eviter de manipuler les solvants à mains nues par le port de gants adaptés lors des opérations de dégraissage, nettoyage.
Nous incluons ici les risques d'irritation qui peuvent faciliter les manifestations allergiques ultérieurement
La manipulation à mains nues des colles.
La production de poussières lors des opérations de ponçage à sec (dans une moindre mesure de perçage) et d'affûtage des carres.
La production de fumées et vapeurs lors des opérations à chaud : réfection des semelles, fartage.
En dehors des "désagréments" procurés par les troubles irritatifs qui disparaissent souvent après la saison, les manifestations allergiques comportent le risque d'entraîner une incapacité à la poursuite de ce travail et aussi de réapparaître dans d'autres circonstances exposant à des produits de même nature. Leur traitement est long.
L'aspiration à la source des poussières, fumées et vapeurs est indispensable. Il faut faire vérifier qu'elle est véritablement efficace.
Il comporte trois aspects :
Les gestes répétitifs existent en particulier lors du montage des fixations (perçage, vissage de quantités souvent importantes de matériels destinés à la location en début de saison).
Les manutentions "lourdes" interviennent en début de saison avec la réception des marchandises et leur mise en place mais aussi durant la saison lors des retours en un temps très court (le vendredi en fin d'après-midi) des matériels de location qu'il faut contrôler et ranger de sorte qu'ils puissent être reloués dès le lendemain.
Les postures pénibles sont liées aux caractéristiques de l'atelier d'une part, à l'accueil de la clientèle d'autre part (essayages chaussures, réglages,…).
Les gestes répétitifs peuvent être générateurs de tendinites autour des articulations des membres supérieurs (troubles musculo-squelettiques), du syndrôme du canal carpien, qui imposent la mise au repos pour s'estomper, mais qui peuvent devenir chroniques en l'absence de traitement et de mesures de prévention.
Les manutentions "lourdes" sont susceptibles d'entraîner des lombalgies et parfois des sciatiques dues à l'apparition d'une hernie discale si les bonnes pratiques en matière de manutention ne sont pas respectées avec des risques d'incapacité prolongée pour toute activité. Les postures pénibles entraînent également des lombalgies et douleurs musculaires diverses limitant la capacité de travail.
S'agissant d'une activité manuelle en atelier et d'une activité commerciale les risques d'accidents sont multiples, citons :
Elles dépendent du degré de gravité des lésions.
Une analyse de l'état des moyens mis à disposition des salariés et de leur bon état est indispensable: escabeaux, escaliers, circulations, accessibilité des zones de rangement, sièges, contrôle électrique des installations et outils manuels au moins avant chaque saison, mise à disposition des moyens individuels de protection (lunettes, masques, gants, protection antibruit), fixations convenables et stables des points sensibles (pistolets de fartage, gamelle)
Les salariés doivent bénéficier d'une formation technique préalable et d'une sensibilisation aux risques inhérents à la profession. Un stage "gestes et postures" s'intègre dans ce souci de formation.
Une formation à la manipulation des extincteurs est également nécessaire.
Les consignes de sécurité doivent être affichées.
Réfléchir à ses pratiques, respecter les consignes de sécurité lorsqu'elles existent, utiliser les moyens individuels de protection lorsqu'ils sont utiles, demander leur mise en place le cas échéant.
N'hésitez pas à contacter votre médecin du travail
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