Témoignages

    GIE IRM74

    GIE IRM74

    Evaluation des Risques-Psycho-Sociaux (RPS) : les clés pour une démarche réussie

    Présentation

    Madame FABRETTI est administratrice du Groupement d’Intérêt Economique GIE IRM 74, qui exploite des équipements d’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) d’établissements publics (hôpitaux) et de cabinets privés de radiologie du département de Haute-Savoie. Le GIE IRM74 a deux administrateurs, un représentant du collège public et un autre du collège privé. En tant que directrice adjointe du centre hospitalier Annecy Genevois Madame FABRETTI est mandatée par le collège public pour être administratrice de cette structure, elle est par ailleurs Directrice de la Qualité Gestion des risques à l’hôpital.

    L’introduction d’un changement comme point de départ de l’évaluation des RPS

    Quelle a été l’origine de la démarche d’évaluation des risques psycho-sociaux ?

    Le point de départ a été à l’occasion de travaux d’augmentation du parc d’équipements exploités (IRM). En 2014 nous avons acheté deux équipements et renouvelé deux autres. Ces renouvellements et augmentation d’équipements ont généré des travaux de structure sur 2 sites, ce qui sur une petite structure est conséquent, avec des inquiétudes du personnel sur cette augmentation (taille de la structure, horaires,…). Au total la structure représente une quarantaine de salariés pour 70 radiologues qui interviennent.

    Le document unique (DU) support de l’évaluation des risques psycho-sociaux (EVRPS)

    A l’occasion de ces travaux j’ai proposé de mettre en place et d’animer une démarche d’évaluation des risques professionnels (DU), de la même manière qu’à l’hôpital, c’est-à-dire basée sur la participation du personnel. Le fait de programmer cette intervention dans la continuité du document unique a cet avantage qu’un certain nombre de règles sont déjà appliquées et les choses sont exprimées dans ce cadre-là.

    Dans la continuité du travail sur le document d’évaluation des risques professionnels nous avons expérimenté, avec le médecin du travail et la psychologue d’AST74 ainsi qu’une psychologue interne à l’hôpital, une méthode d’évaluation des risques psychosociaux et toujours de façon participative.

    Une action pluridisciplinaire et participative

    J’insiste beaucoup sur la démarche participative qui est très positive en termes de perception par les acteurs car on ne parle pas pour eux. Ils s’expriment directement et du coup eux proposent des actions de réductions de risques, ils deviennent acteurs de leur sécurité et de leur qualité de vie au travail. Le processus de réflexion devient tout aussi important, dans un souci d’amélioration continue, que les résultats eux-mêmes.

    Comment s’est construite cette démarche participative ?

    Nous avons mis en place un comité de pilotage et constitué 3 groupes de travail avec un représentant de salarié par métier (manipulateurs radio, secrétaires médicales, gestion administrative/encadrement), chaque site était représenté dans un groupe. Il y a eu 2 réunions de travail par groupe.

    Un dialogue social apaisé

    Comment se sont mises en place les interventions avec les psychologues du travail, les groupes de représentants par métier, et vous-même ? Quel a été l’intérêt de l’intervention des psychologues dans cette démarche ?

    Avec la Psychologue du travail d’AST74 et la Psychologue du travail de l’hôpital, nous avons innové pour tester ensemble un outil d’évaluation, a priori, des risques psychosociaux. Puisque souvent les entreprises sollicitent les psychologues du travail trop tard, sur des problématiques déjà dégradées où les marges de manœuvre sont plus faibles. Là, nous sommes partis sur une démarche volontariste, a priori, pour repérer les éléments de fragilité et être sûr de la prévention. C’est un peu l’originalité de la démarche.

    Quelle va être la suite de cette évaluation ?

    Nous en sommes à la phase de diagnostic et de propositions et on va entrer dans la phase de restitution. Les groupes de travail vont remettre leurs propositions au comité de pilotage. Une présentation de ces actions aux instances du GIE IRM 74 ainsi qu’une restitution complète à l’ensemble du personnel de la structure sera faite. Il y aura ensuite une évaluation régulière de l’atteinte des objectifs.

    Une démarche d’amélioration continue portée par une volonté d’entreprise

    Il faut dire que la structure est tout à fait partante et intéressée pour cette démarche qui s’inscrit comme pour le document unique sur une approche durable. Comme toutes les démarches qualité on continue d’évaluer les risques en fonction des mesures mises en œuvre. C’est un point de départ pas une finalité en soi.

    Quel est votre bilan de cette action ?

    Le vécu par le personnel de cette démarche est positif. Le fait qu’on se pose pour évoquer ensemble les situations de travail, repérer les éléments de fragilisation, et que l’on propose ensemble des actions de réduction de risque responsabilise l’ensemble des acteurs. Et ça change le regard, on le voit bien, quel que soit le risque, qu’il soit physique ou sur le registre des risques psycho-sociaux les gens ont un autre regard sur le fait qu’ils sont eux-mêmes, tous quelle que soit leur position, générateurs de risques. Ça donne cet éclairage-là. On n’est pas simplement à subir des éléments de système on est acteur du système et on peut également modifier les éléments. Chacun peut contribuer à cette réduction des risques. C’est une démarche qui est très intéressante à ce titre tant pour l’ensemble des risques professionnels que pour l’activité.

    La façon de procéder a été importante. L’intérêt de cette démarche participative est que ce n’est pas une intervention ponctuelle avec des « dossiers qu’on met dans les placards ». Comme tout le monde est impliqué, il y a un avant et un après. Tout le monde partage cette approche, il s’agit toujours de mesures de bon sens. Lorsqu’on présente ces mesures, le personnel ne s’interroge pas puisqu’il a été à l’origine de ces propositions. Ça prend plus de temps en amont car il faut mobiliser les personnes, organiser etc., mais c’est autant de temps de gagné après, parce qu’on a une adhésion aux actions mises en œuvre puisqu’ils ont tous contribué à la proposition.

    En conclusion quel message peut-on faire passer à l’ensemble des employeurs ? Y compris pour les petites entreprises ?

    J’ai le sentiment non seulement qu’on n’a pas ouvert la boîte de pandore mais au contraire on a augmenté au niveau qualitatif d’échange. On passe de problématiques interpersonnelles à une approche systémique donc on est sur un niveau supérieur de réflexion.

    C’est une démarche positive qui n’est pas liée aux difficultés, qui apporte des qualités de dialogue social et l’adhésion de l’ensemble des acteurs. L’ensemble de la structure en sort grandie.

    Cette démarche d’EVRPS est bien associée au document unique. Elle n’est pas associée à des problèmes ou des difficultés mais à une démarche normale d’évaluation des risques dans toute entreprise ou institution.

    On peut parler d’une gestion positive et participative du risque. A la fois d’une évaluation des risques a priori et une démarche positive de prévention. Cette démarche participative incite à poursuivre la démarche contrairement à une intervention ponctuelle qui risque de rester en l’état.

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Dernière mise à jour de cette page : mercredi 24 juillet 2019

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