Sources : www.inrs.fr ; www.travailler-mieux.gouv
Les troubles musculosquelettiques (TMS) regroupent une quinzaine de maladies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs des membres et de la colonne vertébrale. Ce sont des pathologies multifactorielles à composante professionnelle. Les TMS s'expriment par de la douleur mais aussi, pour ceux du membre supérieur, par de la raideur, de la maladresse ou une perte de force.
En France, les TMS des membres supérieurs sont reconnus au titre des tableaux 57, 69, 97 et 98 des maladies professionnelles (MP) du régime général et au titre du tableau 39 du régime agricole.
Les régions corporelles concernées par les TMS sont principalement les épaules (exemple : tendinopathie de la coiffe des rotateurs), le coude (exemple : épicondylite), les extrémités des membres supérieurs (exemple : syndrome du canal carpien pour le poignet), le cou, et le dos.
Tous les secteurs d’activité sont touchés.
Ce risque n'est pas vraiment nouveau puisqu'il était déjà présent au 19ème siècle. Son émergence actuelle s'explique notamment par des changements dans l'organisation du travail. Le juste à temps, le flux tendu ou stock zéro imposent un niveau de charge de travail relativement constant. Beaucoup de tâches imposent également des gestes fins, précis et répétés.
Les TMS constituent actuellement les pathologies professionnelles les plus répandues dans les pays industrialisés.
En 2008, en France :
Le nombre de nouveaux cas de TMS indemnisés s’accroit environ de 13% par an depuis 1995.
C’est la conjugaison de plusieurs facteurs de risque qui peut causer un TMS : la probabilité d’être atteint d’un TMS varie en fonction du nombre de facteurs de risque et/ou de leur intensité.
Les facteurs de risques peuvent se répartir en deux grandes familles :
Les facteurs individuels sont liés aux caractéristiques intrinsèques des individus (le sexe, l’âge, les antécédents médicaux…).
Il existe une « sensibilité individuelle » qui fait que pour un même geste effectué, certaines personnes auront une tendinite, et d’autres pas.
Les principaux facteurs biomécaniques sont la répétitivité des gestes, les efforts excessifs, les zones articulaires extrêmes, le travail en position maintenue, ils sont déterminés par différentes caractéristiques du travail (aménagement du poste, organisation du travail…) :
La répétitivité est définie par :
Les activités nécessitant un effort ne se résument pas à la manutention d’objets lourds. Il peut avoir un exercice de force dans d’autres conditions : Par exemple :
Pour évaluer la force nécessaire à une activité, plusieurs facteurs sont à prendre en compte (Annexe 2 en bas de page).
Les amplitudes articulaires des différents sièges de douleurs (épaule, coude…) sont évaluées selon des postures de référence (Annexe 3 en bas de page).
Ces postures de référence et à risques sont définies par l’INRS: (Annexe 3 en bas de page)
Ces facteurs biomécaniques sont déterminés par différentes caractéristiques du travail :
Les principales caractéristiques de l’organisation du travail pouvant avoir un impact sur le risque TMS sont :
Le manque de pauses ou d'alternance dans les tâches ainsi qu'une durée de travail excessive sont des facteurs organisationnels qui augmentent le risque de TMS car ils ne permettent pas une récupération suffisante.
Nous appelons facteurs psychosociaux[1] l’ensemble des causes organisationnelles et des relations intra et interindividuelles qui peuvent avoir des répercussions sur la santé.
A noter que l’impact sur la santé de ces facteurs psychosociaux dépend de la perception qu’en ont les personnes.
En ce qui concerne les TMS, les facteurs psychosociaux sont principalement caractérisés par le niveau de stress des salariés.
Les effets du stress en liaison avec les TMS sont multiples. Les forces de serrage et d'appui sont accrues, le temps de récupération s'allonge. Le stress amplifie la perception de la douleur et rend les opérateurs plus sensibles aux facteurs de risque de TMS.
[1] Le terme « facteurs psychosociaux » est relativement vague et fourre-tout. Pourtant bien qu’il ne fasse pas l’unanimité, il est devenu suffisamment connu au niveau du grand public pour continuer à l’utiliser.
Les caractéristiques du travail déterminantes du niveau de stress peuvent être de plusieurs types :
Pour pouvoir réduire le risque d’apparition de TMS, il est indispensable d’identifier les liens entre l’ensemble des facteurs de risque (efforts, répétitivité, stress,…) et leurs déterminants ou causes (conception des équipements, pannes fréquentes, conception des outils, organisation du travail…).
La mise en évidence des facteurs de risque et des déterminants correspondant permet ensuite d’identifier des pistes de prévention.
Une fois apparu, le traitement d’un TMS peut comprendre de la kinésithérapie et un traitement anti inflammatoire local (pommade, infiltration) et de la chirurgie qui enlèvera la compression du nerf. Dans tous les cas, le traitement s’associe au repos du tendon ou du nerf meurtri.
Ensuite, pour éviter l’apparition d’une pathologie de type TMS ou éviter la récidive ou l’évolution d’un TMS vers un phénomène chronique, il faut agir sur les facteurs de risque en suivant une démarche de prévention spécifique.
Cette démarche pourra aboutir à une transformation des situations de travail en agissant sur :
Outils d'évaluation des facteurs biomécaniques

Source INRS : « méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples » TC78
Eléments à prendre en compte pour évaluer la force nécessaire à une tâche :

Source : CSST ; Démarche pour la prévention des LATR : volet intervenants, section 6 et 7, 1997
Exemple : Echelle utilisée par OREGE (outil de dépistage des facteurs biomécaniques)

Source INRS : "Méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples" TC78
Des postures de référence sont données par l'INRS :
| Les antépulsions (bras en avant) et rétropulsions (bras en arrière) des épaules : |
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| Les abductions et adductions (écartement des bras par rapport au corps) des épaules : |
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| Les flexions (latérales ou non) et les rotations du cou : |
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| Les flexions, extensions du coude et les pronations, supinations des avants bras (rotation des avants-bras) sont également des mouvements sollicitants : |
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| Les flexions et extensions du poignet et les déviations des poignets sont des mouvements sollicitants : |
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| Les flexions, extensions et torsions du dos : |
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Pour en savoir plus :